L’Autrichien Felix Baumgartner, héros du Red Bull Stratos en 2012, a collectionné les exploits sportifs au fil des ans.

Quelquefois vous avez besoin de prendre beaucoup de recul pour comprendre à quel point vous êtes petit. Je rentre à la maison maintenant."

Tels furent les derniers mots de Felix Baumgartner, le 14 octobre 2012, avant de s’élancer dans la vide depuis la capsule qu’il occupait lors des deux heures d’ascension et reliée à un ballon d’hélium géant. Nul n’a oublié ce saut extraordinaire (diffusé en direct sur le site du projet, baptisé Red Bull Stratos, mais aussi sur de nombreuses chaînes de télévision et sur Youtube) à 39.068 m d’altitude au-dessus du désert du Nouveau-Mexique. Une chute libre de quatre minutes et dix-neuf secondes depuis la stratosphère lors de laquelle l’Autrichien (alors âgé de 43 ans) atteint une vitesse record de 1.342 km/h supérieure à la vitesse du son. Le saut dans son ensemble aura duré neuf minutes et trois secondes à l’issue desquelles Baumgartner, qui a battu trois records du monde au passage, touchera terre avec une relative délicatesse. Mais en amont de cette sortie dans l’espace, constituant "mon dernier grand défi", cinq ans de travail et deux sauts tests furent nécessaires au natif de Salzbourg et à son équipe.

"Je pense que tout est une question de préparation. Il faut faire ses devoirs, voilà tout", a expliqué cet ancien parachutiste de l’armée autrichienne, qui a accédé grâce à cet exploit au statut de star planétaire et s’est vu remettre de nombreuses distinctions. "Je déteste qu’on m’appelle un amateur de sensations fortes ou un drogué de l’adrénaline, car je ne suis pas comme ça. J’aime que tout soit planifié. […] Je n’ai pas envie de mourir. Tout ce que je fais est extrêmement réfléchi et préparé. Je ne laisse rien au hasard. Je ne veux surtout pas me fier à ma chance. Et c’est uniquement pour cela que je suis encore en vie, alors que j’ai perdu beaucoup d’amis en route."

Le bras tatoué des mots Born to fly ("Né pour voler"), Felix Baumgartner a, aussi loin qu’il s’en souvienne, été épris de liberté. "J’ai toujours voulu voir le monde d’en haut", dit ce sportif à la condition physique impeccable. "Même tout petit, je grimpais déjà aux arbres. J’ai toujours voulu voler."

Une envie chevillée au corps qui l’a notamment conduit à exploiter ses qualités de base-jumper sur les plus hauts gratte-ciels au monde, les tours Petronas à Kuala Lumpur (1999) et le Taipei 101 (2007), en toute… clandestinité. Plus exotique que celui amorcé depuis le viaduc de Millau quelques années plus tard, son saut, particulièrement bas cette fois, depuis la main droite du Christ Rédempteur, à Rio de Janeiro, a également marqué les esprits. Au même titre que son survol de la Manche, en direction de Calais, grâce à des ailes en carbone.

Imprévisible dans les airs, Felix Baumgartner l’est aussi sur le plancher des vaches. En témoignent des propos malheureux de celui qui est aujourd’hui devenu pilote d’hélicoptère et conférencier, chaud partisan du Premier ministre hongrois Viktor Orban, au sujet de la politique migratoire de l’Allemagne et d’une "dictature modérée" souhaitable dans son pays. Des propos que l’Autrichien, dont on notera qu’il a participé aux 24 Heures du Nurburgring en 2014, a rapidement nuancés. La sortie de route n’était, en effet, plus très loin…