L’Embrunman 2020 n'aura pas lieu ! Interdite par la préfète des Hautes-Alpes, la 37e édition de cette épreuve mythique de triathlon, empruntant le célèbre col de l’Izoard (2.360 m d’altitude !) était liée à la décision d’un juge, à Marseille, devant lequel son organisateur Gérald Iacono avait introduit un référé le 28 juillet.

Et sa réponse est négative !

Comme les 900 participants, soit la moitié du chiffre habituel, Frederik Van Lierde était dans l’attente. Une situation longue et frustrante pour le Flandrien qui, à 41 ans, vit une dernière saison professionnelle complètement chamboulée par la crise sanitaire et se pose de légitimes questions quant aux décisions prises dans un monde du sport plus que jamais liés à l’argent.

Car comment expliquer autrement le fait que les compétitions ont repris en football, en F1, en NBA voire en cyclisme et non en triathlon ? Et, à ce titre, l’exemple de l’Embrunman est particulièrement interpellant.

"On interdit l’Embrunman, le 15 août, alors que le Dauphiné a lieu dans la même région, du 12 au 16 !" lance notre champion du monde Ironman 2013. "La logique est d’autant plus incompréhensible que l’organisateur a tout mis en place pour assurer la sécurité des participants, des bénévoles et des spectateurs. Les premiers, dont le nombre a été limité à 900, seront tous testés le mercredi précédent. Il n’y aura pas de briefing pré-course ni de cérémonie protocolaire, le masque sera obligatoire jusqu’à quelques secondes de rentrer dans l’eau et le départ s’effectuera par vagues. Je ne sais pas ce qu’on peut mettre en place de plus pour assurer cette épreuve."

Mais voilà, l’Agence régionale de santé (ARS) du département a émis un avis défavorable, contre lequel l’organisateur a donc été en appel devant la justice pour que soit maintenue la tradition d’une épreuve à laquelle Frederik tenait à participer au moins une fois dans son immense carrière.

"La situation est très embêtante, d’autant qu’une autre épreuve que j’avais mis à mon calendrier est en sursis, à savoir les Sables d’Olonne, le 6 septembre, un demi-Ironman mis sur pied par mon club français. Là encore, j’ai du mal avec l’incertitude qui entoure cette organisation quand on sait que, deux mois plus tard, y sera donné le départ du Vendée Globe, auquel assistent traditionnellement des milliers de spectateurs. Mais bon..."

Seule certitude de cette saison pourrie : Fred disputera, le 13, l’épreuve qu’il organise avec sa ville, Menin, un autre mi-distance pour ses adieux belges avant de s’aligner le 11 octobre, à l’Ironman de Nice, qu’il a déjà remporté à cinq reprises. Et, là, pas question d’annulation si on y donne le départ du… Tour de France, fin août !

Nice sera le dernier objectif de la carrière pro du Flandrien qui compte, jusqu’ici, neuf victoires en Ironman. Un sixième succès sur la fameuse Promenade des Anglais pour le record absolu et donc un dixième au total de toutes ces années à parcourir le monde seraient un couronnement pour lui qui, en 2021, poursuivra sa carrière militaire en passant les examens pour devenir sous-officier, tout en entamant celle de coach…