"J’aurais pu passer pro mais les croisés, tu connais". Ce cliché, aucun des sportifs présents dans notre top 10 n’a dû le ressortir au cours de sa carrière. Parce qu’ils sont professionnels mais aussi parce qu’ils ne se sont pas contentés des blessures classiques.

Si vous nous permettez l’expression après l'abandon de Biniam Girmay sur le Giro après avoir reçu un bouchon de Prosecco dans l'oeil sur le podium, certains ont poussé le bouchon beaucoup plus loin.

Santiago Canizares : le contrôle manqué

On associe souvent l’exigence du jeu au pied des gardiens à l’éclosion de Manuel Neuer. Mais bien avant lui, le portier espagnol Santiago Canizares avait déjà éveillé les mentalités malgré lui. Lors d’un stage avec la Roja en préparation du mondial 2002, il fait tomber sa bouteille de parfum à la sortie de sa douche et tente d’amortir la chute avec son pied. Le geste est peu assuré, le flacon se casse et lui brise le tendon. Résultat, Canizares doit déclarer forfait pour la Coupe du Monde et perd sa place au profit d’Iker Casillas.

Steve Marlet : l’accréditation maudite

La période précédant les grands tournois internationaux est définitivement riche en forfaits loufoques. Surprise de la liste de l’Equipe de France pour l’Euro 2004, Steve Marlet est tellement fier de sa présence dans le groupe qu’il ne lâche pas son accréditation, l’arborant en permanence autour du cou. A force de serrer précieusement son sésame contre lui, le joueur de l’OM se blesse en se déchirant la cornée avec le bord plastifié. Et un tournoi déjà terminé avant même d’avoir commencé. Bon pied bon œil.

Guillaume Gillet : saleté de banc de touche

Si les deux joueurs précédents sont rentrés dans l’histoire en tentant légèrement le Diable, Guillaume Gillet était tout innocent lorsqu’il s’est blessé aux adducteurs après une victoire contre l’AEK Athènes. C’est tout simplement en s’asseyant dans le vestiaire que le joueur ressent instantanément une vive douleur. Connaissant le cynisme d’Ariel Jacobs, on n’ose pas imaginer les pensées qui lui sont passées par la tête.

Rio Ferdinand : ça fatigue de ne rien faire

Se blesser dans le vestiaire après un match est une chose, le faire tranquillement installé dans son divan en est une autre. Un pas allègrement franchi par Rio Ferdinand en 2001, lorsqu’il jouait encore à Leeds. En rentrant chez lui, le défenseur s’avachit dans son canapé pour regarder la télé, en déposant ses jambes sur la table basse. Après des heures de zapette, Ferdinand se relève et grimace suite à une douleur derrière le genou. Les médecins lui diagnostiquent une distension du tendon et deux semaines d’arrêt.

Laurent Leitizi : la lettre de scrabble

Dans la catégorie des blessures en position assise, Laurent Leitizi peut invoquer la circonstance atténuante d’un élément perturbateur. En l’occurrence, il s’agit d’une partie de scrabble lors d’une mise au vert avec le PSG (oui oui). Et plus particulièrement d’une lettre qui tombe de la table. N’écoutant que son courage, le gardien se baisse pour ramasser ladite lettre. Ses coéquipiers constatent alors qu’il ne sait plus se relever. Il s’est en effet bloqué le dos. Qui a dit que le scrabble était un sport de vieux ?

Thomas Levet et la marre

Revers de la médaille, tous les incidents domestiques précédemment cités se sont déroulés dans l’intimité d’une maison ou d’un vestiaire, réduisant drastiquement les chances d'en trouver des vidéos. C’est donc avec beaucoup de délectation que Thomas Levet entre en scène, devant un parterre de photographes et de caméramen. Tout heureux d’avoir remporté l’Open de France en 2011, le golfeur célèbre la victoire avec son agent. Sous le coup de l’émotion, les deux hommes plongent dans la marre bordant le trou 18. Un saut dans une eau très peu profonde duquel Levet ne se relève que difficilement. Vu la fracture du péroné qui en résulte, on le comprend. Notre homme a tout le loisir de revoir sa chute puisqu’il est mis au repos pour deux mois.


Sam Torrance : le pot de fleur cambrioleur

Répétez-le lentement et tout ira bien : Sam Torrance s’est brisé le sternum en se jetant sur un pot de fleur qu’il avait pris pour un cambrioleur. En 1993, alors que le golfeur loge dans un hôtel pendant un tournoi, ses nerfs, mis à rude épreuve pendant la journée, lâchent durant la nuit. Réveillé, l’Ecossais se lève dans sa chambre et pense entendre quelqu’un. Il se jette donc dessus. Il s’agissait en réalité d’un pot de fleur totalement innocent. Mais malgré tout capable de lui briser le sternum.

Valentino Rossi : le coup des rideaux

Autre accessoire plus traître qu’il n’y paraît : les rideaux. Derrière leur air de ne pas y toucher, ils ont réussi à blesser Valentino Rossi à l’annulaire et au pied gauche. L’ancien pilote de moto italien détonnait pourtant sur le circuit pour le peu de blessures dont il avait souffert. C’est dire. Neuf fois champion du monde, il s’est fait avoir au moment de tirer ses tentures en trébuchant contre la table en verre qui s’est cassée sous son poids, avec toutes les coupures imaginables.

Kévin-Prince Boateng : sex addict

Pour expliquer les blessures d’un sportif, il ne faut parfois pas chercher très loin. Surtout quand sa copine s’en mêle. Ainsi, en 2012, quand Kevin-Prince Boateng enchaînait blessures sur blessures, la mannequin Melissa Satta n’a pas cherché à tourner autour du pot : "Il est blessé parce qu’on fait beaucoup l’amour. Entre sept et dix fois par semaine".

Darren Barndard : 30 millions d’amis

Dernier motif de blessure surprise : les chiens. Les sportifs sont nombreux à en avoir fait les frais. On pense à Darren Barnard, footballeur gallois éloigné cinq mois des terrains en 1999 après avoir glissé sur la flaque d’urine de son chien dans la cuisine. Ou à Yoann Gourcuff, qui s’est occasionné une entorse à la cheville droite en promenant le sien. Le chien, meilleur ami de l’homme, pire ennemi des footballeurs.


Mention honorable : Julien Benneteau

Difficile de conclure ce top 10 sans évoquer le joueur de tennis français qui a dû déclarer forfait pour l’Australian Open 2013 après s’être blessé à l’auriculaire de la main droite avec des baguettes lors d’un dîner dans un restaurant japonais avec Nicolas Mahut. L’agilité avec une raquette en main ne vous assure rien avec des baguettes.

N'hésitez pas à voter pour votre sportif pouvant se targuer de la blessure la plus stupide

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