14 avril 2019, le jour où Tiger a fasciné la planète

Voici juste un an, l’Américain remportait le Masters, signant le come-back du siècle.

14 avril 2019, le jour où Tiger a fasciné la planète
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Voici juste un an, l’Américain remportait le Masters, signant le come-back du siècle.

Quatorze avril 2019. Il y a tout juste un an. Sur le mythique parcours de l’Augusta National et devant des centaines de millions de téléspectateurs fascinés, Tiger Woods remporte, à 43 ans, son cinquième Masters. De l’avis de nombreux observateurs, c’est tout simplement le plus grand come-back de l’histoire du sport.

Quelques mois plus tôt, nul n’aurait osé miser, en effet, le moindre dollar sur les chances de voir l’icône du swing mondial revêtir, à nouveau, la green jacket du vainqueur. En vérité, depuis son sacre à l’US Open 2008, le Tigre collectionne les problèmes et les malheurs.

La spirale infernale a commencé, en 2009, avec les révélations sulfureuses sur ses errements privés, ses multiples conquêtes tarifées et son addiction au sexe. Montré du doigt par l’Amérique puritaine, il est contraint de présenter ses excuses publiques à la télévision, un peu à la façon de Bill Clinton lors de l’affaire Lewinsky. Sa femme, Elin, demande le divorce et la garde des enfants. Plusieurs de ses sponsors résilient leurs contrats. Une véritable descente aux enfers.

Et lorsqu’il revient sur les greens en 2010, ce sont les soucis physiques qui le rattrapent avec, en toile de fond, de multiples opérations aux genoux et, surtout, au dos. En 2016, on le croit carrément perdu pour le golf. "Je suis déjà content de pouvoir me lever le matin", glisse-t-il lors d’une interview. On le devine vulnérable, dépressif, en manque d’équilibre.

En mai 2017, le premier milliardaire en dollars de l’histoire du sport touche le fond. Les images de son arrestation au volant de sa voiture sur une route de Floride tournent en boucle sur toutes les télés américaines. Le regard hébété, incapable d’aligner une phrase, le héros black des greens fait pitié. Au début, il se chuchote qu’il est sous l’emprise de l’alcool ou de la drogue. L’enquête décrète qu’il est simplement sous l’effet d’antidépresseurs. Il échappe donc à la prison et écope de travaux d’utilité générale. Un vrai déclic dans son corps et dans sa tête. De l’avis de nombreux observateurs, c’est cet épisode pathétique qui a servi de déclic et permis au mythique champion de renaître de ses cendres.

Lorsqu’il dépose sa balle sur le tee n° 1 de ce Masters 2019, Tiger n’a donc plus gagné un tournoi du Grand Chelem depuis 2008. Une éternité. Mais on le sent, d’entrée, investi d’une mission sur ce parcours si inspirant que, jadis, les Noirs n’avaient pas le droit de fouler. Et le miracle se produit. Lors du dernier tour, son fameux polo rouge sur les épaules, il sort son plus bel arsenal, prend le meilleur sur le leader Francesco Molinari et s’adjuge le quinzième Major de sa carrière devant une planète golf béate d’admiration. Son bonheur sur le green du 18 fait chavirer tous les cœurs. De coutume si introverti, il se lâche enfin. "J’étais heureux que mes enfants aient pu voir leur vieux père gagner un Grand Chelem car ils se demandaient si tout ce que je racontais sur mes anciennes victoires était bien vrai", ironise-t-il.

Depuis, Tiger a retrouvé sa place au sommet de l’affiche. À 44 ans. Les héros sont immortels.

Il défendra sa green jacket en… novembre !

Reportée, l’édition 2020 devrait avoir lieu à l’automne. Dans un décor très différent.

Tiger Woods aurait dû défendre son titre au Masters ce dimanche de Pâques. Le report de l’épreuve en raison de la pandémie de Covid-19 l’en a empêché. C’est donc en famille, dans la salle à manger de sa villa d’Orlando, que le champion américain a honoré le traditionnel Dîner des Champions qui sert traditionnellement de prélude au tournoi ! En soi, ce report n’est pas une mauvaise nouvelle pour le Tigre, qui se plaignait de nouvelles douleurs au dos.

Théoriquement, l’édition 2020 du Masters a été reprogrammée du 12 au 15 novembre. Au cœur de l’automne, le parcours de l’Augusta National, véritable jardin botanique, proposera forcément un décor très différent de celui habituel du printemps. Mais pour les joueurs, le défi sera le même.

Avec quinze tournois du Grand Chelem à son tableau de chasse, le Tigre rêve toujours secrètement de battre le record du grand Jack Nicklaus, lauréat de 18 sacres majeurs durant sa carrière. En plus du Masters, deux autres M ajors sont - toujours sous réserve - programmés cette année : le PGA Championship (du 6 au 9 août à San Francisco) et l’US Open (du 17 au 20 septembre près de New York). Le British Open de ce millésime a, en revanche, été définitivement annulé. Pour rappel, Tiger Woods espère aussi battre prochainement le record de victoires (82) sur le PGA Tour qu’il partage actuellement avec le légendaire Sam Snead.

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