Thomas Detry : “Ma carrière a pris une nouvelle dimension”

Le champion belge évoluera désormais sur le circuit américain avec les stars du golf mondial. Et sur sa lancée, il se met à rêver de disputer la Ryder Cup.

Thomas Detry termine 12e du Fortinet Championship de golf, Max Homa prolonge son titre
©BELGA Nieuwsbrief

En l’espace de quelques semaines, sa carrière a basculé. En se qualifiant, l’été dernier, pour le PGA Tour américain, Thomas Detry, 29 ans, a acquis une nouvelle dimension sur la scène du golf mondial. Du coup, cette année, le Bruxellois jouera prioritairement aux États-Unis avec des rêves plein la tête, l’espoir d’accéder au Top 50 mondial et de disputer sa première Ryder Cup. Dans ce contexte, sa sélection pour la Hero Cup, qui débute ce vendredi à Abu Dhabi, est un signal fort du capitaine de l’équipe européenne Luke Donald. Rencontre avec l’un des champions les plus prometteurs du sport belge.

Durant la première moitié de la saison 2022, vos résultats étaient décevants. Lors du Soudal Open, à Rinkven, vous n’aviez même pas passé le cut. Et vous voilà soudain parachuté en haut de l’affiche, candidat à une sélection en Ryder Cup. Comment expliquez-vous cette évolution ?

“Plusieurs éléments ont été décisifs. Au printemps dernier, mon jeu n’était pas bien place. J’ai effectivement touché le fond lors du Soudal Open. C’était très frustrant de jouer ainsi devant mon public. Je devais réagir. Il me fallait générer un déclic. J’ai, d’abord, décidé de changer de caddie. J’ai fait appel à JP Fitzgerald qui a longtemps porté le sac de Rory McIlroy. Et j’ai tout de suite senti la différence. Il est exigeant mais ses conseils sont très importants en termes de stratégie ou de choix de club. Dans la foulée, je me suis inscrit aux Finals du Korn Ferry Tour, la D2 américaine. C’était un vrai challenge mais je n’avais rien à perdre. Et tout s’est bien mis dès le premier tournoi. À l’arrivée, j’ai obtenu une carte partielle pour le PGA Tour. Pari gagné ! Aujourd’hui, toutes les pièces du puzzle sont bien en place et je suis sur un petit nuage… ”

Quels sont vos priorités et vos objectifs pour 2023 ?

“Mes premiers tournois sur le PGA Tour, l’automne dernier, m’ont permis de sécuriser une carte complète 2 023. Je vais donc logiquement privilégier le circuit américain qui rapporte un maximum de points dans les différents rankings. Actuellement, je suis dans le Top 12 de la Fedex Cup, le classement US annuel. En terminant dans le Top 70, je conserverai automatiquement mon droit de jeu pour 2024. Mais, parallèlement, je jouerai aussi quelques tournois en Europe afin de garder aussi ma carte sur le DP World Tour. Je serai à nouveau présent à Rinkven, en mai, pour le Soudal Open. Et je participerai aussi, bien sûr, aux grands rendez-vous britanniques, comme The Open ou l’Open d’Écosse. Dans l’absolu, mon objectif premier est d’accéder le plus rapidement possible au Top 50 mondial qui ouvre les portes de tous les grands tournois au niveau mondial, dont le Masters d’Augusta, le seul Grand Chelem que je n’ai pas encore disputé. Je suis actuellement 83eau classement. Mais, sur le circuit US, tout peut aller très vite…”

Avec, en point de mire, une potentielle sélection au sein de l’équipe européenne de Ryder Cup ?

“Oui, bien sûr. C’est le rêve de tous les golfeurs. Gamin, je passais des heures devant la télé à regarder cette compétition mythique. J’ai eu la chance de jouer la Ryder Cup junior en 2010 au Pays de Galles et d’assister ensuite, comme spectateur, à la compétition des “grands” sur le parcours du Celtic Manor. C’est un souvenir très fort. Pouvoir être de la fête, en septembre, à Rome, serait donc vraiment magique. La Ryder Cup, c’est un peu les Jeux Olympiques pour un golfeur. Si tout se passe bien dans les prochains mois, j’aurai une chance. Mais une sélection dans cette épreuve est, d’abord, la récompense et la conséquence de bonnes performances. Je ne vais pas en faire une obsession.”

Vous collectionnez depuis plusieurs années les places d’honneur sur les tournois. Que vous manque-t-il pour soulever votre premier trophée ?

“Pas grand-chose. Un peu de réussite, sans doute. Mais aussi une évolution dans mon jeu. Lorsque je suis dans une journée moyenne, je dois absolument éviter d’entrer dans une spirale négative. En fait, je dois mieux gérer ma stratégie et rester toujours positif. Souvent, après un bogey, j’ai tendance à prendre un gros coup sur la tête et à perdre un peu mes moyens. C’est dans ces moments-là que je dois être plus solide. Parallèlement, lorsque je suis en haut du leaderboard, je dois aussi probablement jouer de façon moins défensive et prendre davantage de risques calculés pour gagner. Élever mon niveau dans les moments décisifs : c’est ce qui me sépare encore du Top 10 mondial. Ce sont des paramètres que je travaille beaucoup avec mon coach Jérôme Theunis. Mais à ce niveau, le golf se joue beaucoup dans la tête. D’où l’importance de travailler mon mental et d’avoir à mes côtés un caddie expérimenté. ”

En avril dernier, vous êtes devenu l’heureux papa d’une petite fille, Sophia Dolores. Comment gérez-vous cette nouvelle situation familiale ?

“Le plus simplement du monde. Dès que possible, j’emmène avec moi toute ma petite famille, que ce soit en Europe ou aux États-Unis ! Et jusqu’ici tout se passe bien. La présence à mes côtés de ma compagne Sarah est très importante. Sur le plan affectif, bien sûr, mais aussi au niveau professionnel. Elle a déjà une grande expérience dans le monde du management sportif et elle gère à la fois mon agenda professionnel et une partie de mon sponsoring. Et la petite Sophia est adorable et jongle déjà avec les décalages horaires. Quel bonheur de se retrouver en famille le soir… ”

Vous résidez à Dubaï et vous jouez, tantôt aux États-Unis, tantôt en Europe. C’est une vraie vie de globe-trotter…

“Oui et non. J’essaie de passer une grande partie de l’hiver à Dubaï où le climat est idéal pour s’entraîner. Je vis près de l’Emirates Golf Club, c’est très pratique. Parallèlement, je cherche un pied à terre pour la saison américaine. Peut-être en Floride. Ou même en République Dominicaine où j’ai de nombreuses connaissances. Punta Cana est à un drive des États-Unis. Enfin, lors de la saison européenne, on peut se poser soit à Londres, d’où est originaire Sarah, soit, bien sûr, à Bruxelles où j’ai mes racines et ma famille. ”

Deux Thomas à la Ryder Cup de Rome ?

À l’instar de son pote Thomas Pieters, Thomas Detry fait partie de l’équipe d’Europe continentale qui affrontera, de vendredi à dimanche, son homologue britannique à Abu Dhabi lors de la Hero Cup. Ce tournoi (anciennement baptisé Seve Trophy) servira de répétition générale avant la Ryder Cup (Europe-USA) programmée en septembre sur le parcours du Marco Simone G&CC, à Rome.

Avec 12 joueurs de part et d’autre et des rencontres en match-play (en double et en simples), le format est identique et il est clair que le capitaine anglais Luke Donald et ses vice-capitaines (dont Nicolas Colsaerts) seront très attentifs aux prestations des sélectionnés des deux camps. La présence de deux joueurs belges est évidemment de bon augure avant le rendez-vous dans la capitale italienne.

On se souvient que Thomas Pieters et Thomas Detry avaient fait équipe lors de la victoire belge à la Coupe du Monde de Melbourne en 2018. Et pourquoi ne remettraient-ils pas sur le métier leur ouvrage ? Même d’Abu Dhabi, tous les chemins mènent à Rome…

Rendez-vous à la Brasserie Surréaliste

Thomas Detry est un citoyen du monde. Installé à Dubaï, il parcourt la planète tout au long de l’année. Mais il est évidemment resté très attaché à ses racines bruxelloises. C’est peut-être pour cela qu’il a récemment investi dans la création de la nouvelle Brasserie Surréaliste qui a pignon sur la Place du Nouveau Marché aux Grains, près la Bourse. Pour boire un verre ou manger un bout dans un cadre art déco bluffant et unique en son genre, il n’y a pas meilleure adresse.

“Ce sont mes cousins Charles et Edouard Grison qui ont eu l’idée de transformer cet ancien entrepôt de bananes en une brasserie très tendance et branchée qui fabrique sa propre bière : La Surréaliste. Et j’ai tout de suite répondu présent pour leur donner un coup de pouce financier” explique le champion, fier d’être devenu actionnaire d’une maison qui affiche si fort sa belgitude et son ambition. Ouvert les jeudi, vendredi et samedi soir, l’établissement (www.brasseriesurrealiste.com) peut accueillir 150 personnes et peut aussi évidemment être privatisé pour des événements.

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