Dans le monde du golf, Louis Oosthuizen est souvent considéré comme l’éternel second, une sorte de Raymond Poulidor des greens. Certes, il a remporté le British Open en 2010 sur le Old Course de St. Andrews mais il a aussi - et surtout - terminé deuxième d’une multitude de grands tournois, dont le Masters (en 2012), l’US Open (en 2015 et 2021) et le PGA Championship (en 2021). C’est dire si le joueur sud-africain, 38 ans, aura la pression, ce dimanche, au départ du dernier tour de cette 149e édition du British Open qui se dispute sur le fabuleux links du Royal St. George’s (par 71).

Jusqu’ici, Oosthuizen a fait preuve d’une grande solidité dans tous les secteurs du jeu (70 % de fairways touchés). Des drives d’une régularité horlogère, des approches millimétrées et un putting de métronome : la machine semble infaillible. Mais une dernière journée de Majeur est toujours très différente pour un leader. Il y a le stress, le poids de l’événement, la peur de gagner. Autant de paramètres qui peuvent chambouler tous les pronostics. Surtout pour ce champion à la réputation de loser. S’il veut soulever une deuxième Claret Jug, le Sud-Africain devra donc exorciser tous ses démons et évacuer les inévitables idées noires du dernier jour.

D’autant qu’à l’aube du dernier tour, à 12 sous le par, il ne possède qu’un petit coup d’avance sur l’Américain Collin Morikawa et que d’autres cadors sont lancés à ses trousses. On pense notamment à Jordan Spieth (-9) ou à Jon Rahm (-7). Le Texan a laissé filtrer quelques signes de fragilité ce samedi. Mais s’il retrouve son meilleur putting, il est évidemment capable d’un nouvel exploit. Quant à l’Espagnol, n°2 mondial, on sait qu’il n’est jamais aussi redoutable que dans une position de chasseur.

Bref, la bataille s’annonce passionnante sur ce diabolique parcours du Royal St. Georges, balisé par le rough et les bunkers et où l’été s’est installé en catimini et a même fait tomber le vent mauvais. Un véritable exploit !