La hiérarchie du golf mondial est actuellement bien aléatoire. Hideki Matsuyama est le 9e des différents lauréats consécutifs à Augusta. Et le même constat est de mise si l’on analyse les vainqueurs des neuf derniers Grands Chelems.

Cette édition 2021 du Masters est la parfaite illustration de cet équilibre des forces au plus haut niveau. Les grands favoris du premier Major de l’année ont cédé les uns après les autres, à l’image du tenant du titre et numéro 1 mondial, Dustin Johnson. Rory McIlroy, Lee Westwood, Brooks Koepka et Justin Thomas ont également vite lâché prise, tout comme Bryson DeChambeau, à nouveau réduit au rang de simple figurant.

Le colosse américain, nourri au biberon des potions magiques survitaminées, rêvait de dompter avec sa fabuleuse force de frappe l’Augusta National. À l’arrivée, il s’est pris une solide gifle et termine à la 46e place, à 5 au-dessus du par. Dessiné tout en subtilité, le parcours géorgien n’aime pas être agressé. Pour avoir une chance de l’amadouer, il faut faire preuve de sagesse et de patience. Ce ne sont pas les points forts de l’ami Bryson !

Bref, ce Masters 2021 a été celui des outsiders et des révélations. Abonné aux places d’honneur (5e au Masters 2015, 2e à l’US Open 2017, 4e au PGA 2016, 6e du British Open 2 013), Matsuyama méritait clairement sa consécration.

Mais on a aussi apprécié le talent et le culot de Will Zalatoris, 24 ans, qui évoluait encore sur le Korn Ferry Tour (la D2 du golf US) voici quelques mois. Avec sa frappe de balle limpide, le jeune Californien est appelé à un grand destin. Il pourrait même déjà intégrer l’équipe américaine de Ryder Cup en septembre…