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Arsen Goulamirian a infligé à Ryad Merhy sa première défaite en 25 combats (par K.-O. technique au 11e round) mais il a salué le talent d’un "jeune champion".

"It’s showtime !"

Il était 22h30, ce samedi soir, lorsque Ryad Merhy est monté sur le ring du Palais des Sports de Marseille, sous quelques coups de sifflets, afin d’y affronter Arsen Goulamirian pour le gain de la ceinture mondiale WBA des lourds-légers, un titre vacant. Deux protagonistes mettant leur brevet d’invincibilité en jeu !

Une pointe de nervosité dans les gants, le Bruxellois de 25 ans a laissé filer ceux-ci dans l’air pour retrouver un peu de décontraction dans les bras. Ce premier rendez-vous avec l’histoire de son sport, Merhy était bien décidé à ne pas le manquer, à ne pas "laisser passer le train" comme il l’avait expliqué en prélude à ce championnat du monde. Le visage fermé, témoignant de sa concentration après avoir passé une partie de la journée à visualiser la confrontation à venir et à anticiper le scénario le plus probable, le boxeur belge d’origine ivoirienne s’avança vers son adversaire tout en écoutant les recommandations de l’arbitre panaméen Guillermo Perez.

Devant un parterre de 5.800 personnes (dont quelques personnalités telles Jean-Paul Belmondo et Charles Gérard) et les caméras de Canal +, Ryad Merhy s’est offert le luxe de prendre le premier round : jabs du gauche, crochet du gauche au visage et double crochet au corps, cette excellente entrée en matière mettait notre compatriote en confiance mais appelait confirmation. Soutenu par des supporters bien en voix, le n°2 mondial WBA prit encore la reprise suivante mais le féroce Goulamirian travaillait à présent davantage et tentait de raccoucir la distance. "Tu cherches trop le coup parfait !" lui lança le coach américain Abel Sanchez.

Message reçu par le Français qui s’imposait légèrement dans le troisième round et éprouvait son opposant en fin de quatrième reprise. Le cinquième round se révélait tout aussi éprouvant pour Merhy, peinant à sortir des cordes et encaissant des coups évitables. Ryad marquait certes des points grâce sa belle technique mais Goulamirian, lui, faisait très mal et faisait à présent pencher la balance en sa faveur.

À l’entame du huitième round, le protégé d’Alain Vanackère accéléra le tempo pour tenter de surprendre son hôte mais le tank arménien ne s’en laissait pas compter. "Tu lui as mis le doute !" lança le coin de Ryad Merhy à son boxeur pour lui insuffler un nouvel élan. Mais Goulamirian était décidément très fort et Merhy, constituant une cible plus trop mobile, éprouvait beaucoup de difficultés à le toucher nettement. Prouvant qu’il avait un bon menton, Ryad Merhy fit encore preuve d’un grand courage jusque dans le onzième round où de terribles enchaînements contraignirent logiquement l’arbitre à arrêter les débats.

"Les Belges, vous avez un grand champion. Vous devez être fier de lui ! Il est jeune mais il a un long chemin devant lui. Continuez à l’encourager. C’est un champion !" lança le nouveau détenteur du titre WBA dans un superbe hommage qui grandit vraiment les deux hommes…