Kim Gevaert revient sur sa journée de folie, ponctuée par deux records de niveau mondial

BRUXELLES Durant près d'une heure après le double exploit réussi dimanche, sur la piste du stade Roi Baudouin, Kim Gevaert a signé des autographes à tour de bras et a posé pour une photo souvenir avec qui le souhaitait. Simple et disponible, la sprinteuse brabançonne peinait encore à réaliser la portée de ses chronos de 11.04 et de 22.20, qui la placent aujourd'hui au cinquième rang mondial sur 100 m et au deuxième rang sur 200 m.

Quel est le sentiment qui prédomine quand on réussit de tels chronos ?

"C'est l'incrédulité, tout simplement, parce que, si je savais que j'avais les moyens de courir le 100 m dans un temps entre 11.05 et 11.10, et que j'osais à peine rêver de descendre aux alentours des 22.30, ce qui s'est produit est complètement inattendu. D'autant que je n'ai jamais eu le sentiment de forcer. J'avais vraiment des ailes ! Un vent parfait, ça ne se produit qu'une ou deux fois dans une carrière, et là, j'en ai bénéficié à deux reprises coup sur coup. Je trouve à peine les mots pour décrire ce que j'ai vécu."

Si vous n'avez pas puisé dans vos ressources, cela signifie-t-il qu'il vous reste une marge de progression ?

"Cela, je n'oserais pas le jurer car, sans vouloir relativiser mes deux résultats, il faut les placer dans leur contexte : les conditions de vent étaient exceptionnelles ce dimanche et, qui sait ? je n'en retrouverai peut-être plus jamais d'aussi favorables. Cela me paraît donc difficile de faire beaucoup mieux mais j'ai déjà cru par le passé que j'avais atteint mes limites chronométriques. À vrai dire, je ne sais pas où celles-ci se situent. Il ne faut jamais dire jamais..."

Une chose est certaine : vous faites maintenant partie des meilleures sprinteuses au monde, plus seulement sur le continent européen.

"Oui, je suppose que c'est vrai. Mais je crois que quand on participe chaque année à une finale dans un grand championnat, on fait déjà partie des meilleures. Après, ce qui fait la différence avec les autres, c'est l'aptitude à sortir de bons chronos au moment où il le faut. J'avoue que c'est, parfois, ce qui m'a manqué par le passé."

Une médaille aux Mondiaux ou aux Jeux Olympiques n'est plus un rêve inaccessible...

"Une nouvelle fois, tout est une q uestion de saisir les opportunités qui se présentent."

Vous êtes désormais la favorite des Championnats d'Europe de Göteborg sur les deux distances. Appréhendez-vous ce statut ?

"Je préfère, en tout cas, arriver en position favorable et en confiance qu'avec des doutes plein la tête. C'est un stimulant et pas une pression supplémentaire. Je pense avoir accumulé l'expérience nécessaire pour gérer désormais ce genre de situation."



© La Dernière Heure 2006