L'Anversois a défendu victorieusement son titre européen des welters, samedi, face à De Martinis

ANVERS Trente ans après sa dernière soirée européenne, la ville d'Anvers a renoué de belle manière avec les soirées pugilistiques qui jadis en faisaient l'un des points de chute les plus importants pour tous les amoureux du noble art en Belgique. Le mérite en revient principalement à Osei Bonsu Jackson, le champion d'Europe en titre des welters (- 66,778 kg), qui a défendu victorieusement sa ceinture pour la première fois, à la Lotto Arena, face à l'Italien Cristian De Martinis, par K.-O. technique à la 12e reprise.

Pour tout dire, le spectaculaire dénouement de ce combat, plus équilibré dans la deuxième partie que dans la première (surpris par un direct du droit, l'Italien posera les fesses à terre au 3e round), était tout à fait inattendu, notre compatriote, qui menait aux points, paraissant alors chercher en vain une réelle opportunité de se débarrasser définitivement de son adversaire transalpin. En se rejoignant au centre du ring, les deux hommes échangèrent même quelques amabilités témoignant d'un respect profond et sincère. Sans doute le champion intercontinental IBF pensait-il pouvoir se rasseoir tranquillement dans son coin, trois minutes plus tard, en attendant le verdict des juges. C'était sans compter sur l'instinct de tueur de Sugar Jackson, qui fit parler la poudre après 38 secondes dans cette dernière reprise : son enchaînement droite, crochet du gauche au menton, d'une violence extrême, achèvera De Martinis, dont la tête frappa sèchement le sol.

"J'ai fini par le manger"

Bilan de la soirée : deux arcades ouvertes, une commotion cérébrale et un détour par l'hôpital pour l'Italien, et un triomphe pour le puncheur belge, soutenu samedi par une importante colonie ghanéenne glissée parmi les 2.500 spectateurs présents à la Lotto Arena. "Je dois d'abord féliciter De Martinis, qui est un très bon boxeur" , entonnera Jackson, rejoint dans les vestiaires par sa copine Tania. "Il variait beaucoup ses coups, il bougeait remarquablement et il m'a obligé à m'adapter en permanence et à changer de tactique en cours de combat. Mais j'étais plus fort que lui. À la fin du combat, on voyait d'ailleurs qu'il était fatigué, j'avais l'impression qu'il souhaitait arrêter au plus vite. Mon entraîneur m'avait dit en milieu de combat de m'épargner, de souffler, affirmant que ma chance finirait par venir. Et c'est ce qui s'est produit. J'ai fini par le manger, com- me je l'avais annoncé. On ne me reprendra cette ceinture que quand je serai mort. Et si quelqu'un réussit, c'est parce qu'il aura fait connaissance avec la souffrance auparavant..."

Si le champion d'Europe était "satisfait à 100 %" de sa prestation, il n'en allait cependant pas de même dans son entourage. Son entraîneur Renald Devulder estimait ainsi : "Il s'est montré trop irrégulier et il a encore pris trop de coups. Sa distraction aurait pu lui coûter cher et c'est là-dessus qu'il va falloir travailler pour continuer à progresser et viser un titre mondial dans les deux ans." D'ici là, l'Anversois devrait céder à une deuxième défense volontaire (en août ?), en Italie ou en Angleterre. Avant de défier, à l'automne, le challenger officiel qui lui sera imposé par l'EBU.



© La Dernière Heure 2007