Le menace plane sur toutes les têtes, mais les athlètes essaient de ne pas y songer. Pourtant, tous les gestes du quotidien sont là pour leur rappeler que le Covid n’est pas loin. Il rôde autour et même dans le village olympique. Pour le moment, aucun membre de la délégation belge au sens le plus élargi (athlètes, staffs, officiels du COIB, journalistes et photographes) n’a subi un test positif. La prudence est de mise. Avant d’embarquer dans l’avion pour le Japon, tous ont dû se soumettre à deux tests PCR (à 96 heures et 72 heures). En posant le pied au Japon, les contrôles sanitaires étaient draconiens (test salivaire et nombreuses démarches administratives). Ensuite, les athlètes passent quotidiennement par la case test.

Malgré tout, le risque zéro n’existe pas. La sentence est lourde vu qu’un contrôle positif confirmé coûte 14 jours de quarantaine pure et dure. «Personnellement, je n’y pense pas du tout. Jamais même. Nous sommes prudent évidemment. Nous sommes vaccinés. Nous portons nos masques. Nous répétons ces gestes depuis un an et demi. Sur le circuit, nous avons les mêmes contrôles et risques.»

A ses côtés, son comparse Sander Gillé confirme. Lui non plus, il ne vit pas dans le stress. «Nous répétons ces mêmes procédures durant toute l’année. La seule différence, c’est qu’ici, il y a plus de monde.»

En voyant Alison Van Uytvanck passer derrière lui, il la taquine. La n°2 belge se marre. L’ambiance est décontractée dans les rangs tennistiques belges. Alison Van Uytvanck craint la sanction. Elle reste méfiante. «En tant qu’athlète ou journaliste, tu ne veux pas être bloqué à ton hôtel durant 14 jours. Tu ne veux jamais connaître ça. Nous avons l’habitude de ces règles. J’essaye d’avoir la meilleure hygiène possible. Il faut continuer à vivre avec le coronavirus.»

Les basketteurs ne vivent pas non plus dans l’angoisse de cette pandémie. «Je n’ai pas spécialement peur», explique Nick Celis.»Nous sommes dans un environnement de sport de haut niveau depuis quelques temps. Nous sommes en contact mais nous sommes constamment testés. Nous avons tous eu le Covid et nous avons tous été vaccinés. Si nous ne pouvons pas être à l’aise maintenant, nous ne pourrons jamais l’être.»

D’autres suivent plus les médias. Nina Sterckx (haltérophilie) est tout aussi prudente que les autres membres de la délégation belge. «J’ai entendu qu’il y a eu quelques cas positifs ces derniers jours», dit la Gantoise de 18 ans. «Pour ma part, j’essaie toujours d’être super prudente, de porter le masque en toutes circonstances, de garder les distances et, en tout cas, de ne pas me mêler à des athlètes d’autres délégations par exemple, au restaurant où l’on utilise des gants pour se servir et où l’on est séparés par des plexiglas à table. Mais, pour le reste, nous sommes testés tous les jours et il n’y a rien d’autre à faire que de respecter les règles et espérer que l’on reste négatif. De ce point de vue-là, je vous avoue un peu égoïstement que le fait d’entrer en compétition rapidement et donc de partir vite dès dimanche me soulage. Parce que si les cas positifs explosent, je serai déjà à la maison !»

Le restaurant est un lieu d’angoisse pour les athlètes. L’immense hall est un lieu de passage obligatoire. En plus, il faut un moment retirer son masque. Les parois en plexiglass enlèvent une grande part de convivialité, mais elles rassurent. «Au restaurant j’essaie toujours de m’asseoir à une table seule», insiste Lianne Tan (badminton). «Est-ce que j’ai peur ? C’est un grand mot. Disons que je suis d’une extrême prudence. Cela fait un an et demi, en réalité, que je ne prends plus le moindre risque. Déjà parce que je suis dentiste de profession et que j’ai intégré de nombreuses règles. J’ai l’impression aussi qu’en Belgique, on a été très discipliné par rapport à d’autres pays. Malgré ce contexte de crainte d’être contaminé, cela reste très spécial de participer aux Jeux olympiques et j’apprécie vraiment le fait d’être ici.