Dix jours après le webinar organisé par le CIO et le comité d’organisation de Tokyo 2020 à destination des différents chefs de mission, Olav Spahl (Team Belgium) a fait le point, ce jeudi, sur les discussions et les différents scénarios envisagés pour que les prochains Jeux olympiques puissent se tenir dans un environnement le plus sécurisé possible d’un point de vue sanitaire.

« La question n'était pas de savoir si les Jeux allaient avoir lieu l’an prochain ou non, mais bien comment ils se dérouleraient », explique l’Allemand. « A ce stade, plusieurs scénarios sont sur la table. C'est un travail de pionnier! Nous marchons sur un pont que nous sommes encore en train de construire… »

4 modèles potentiels, du meilleur au pire scénario

Concrètement, quatre modèles potentiels pour les JO ont été présentés suivant l’évolution de la pandémie de coronavirus. Aux extrémités, on retrouve un scénario idéal (« nous avons notre sort entre les mains ») et un scénario où la pandémie sévit encore partout dans le monde. 

Entre les deux, une hypothèse tenant compte du fait que « nous avons appris à vivre avec le virus ». « Elle repose sur l’hypothèse qu’un vaccin serait disponible peu avant le début des Jeux mais non encore accessible à tous et qu’au niveau mondial la situation sanitaire s’améliore mais que des clusters régionaux subsistent. » Ce scénario est aujourd’hui considéré comme « le scénario de référence » et « privilégié par le comité d’organisation ».

Enfin, le dernier scénario repose sur la théorie selon laquelle l’évolution de la crise sanitaire serait différente au Japon par rapport aux autres pays dans le monde. 

“La mise au point de ces 4 modèles est bien sûr un puzzle complexe auquel il manque encore certaines pièces que nous attendons d'ici la fin du mois de décembre”, poursuit Olav Spahl. “Pour le Team Belgium, il s’agira de voir comment procéder à l’intérieur et en dehors du village olympique. Comment limiter au maximum les contacts sociaux sur place et comment optimiser le camp de base de Mito et y organiser des bulles pour sécuriser l’ensemble de la délégation. Tout dépend évidemment du scénario qui sera retenu. Mito, tout comme les autres sites - Itako, Izu, Maebashi et Enoshima - , pourront accueillir nos athlètes et leur permettre de se préparer dans des conditions optimales.”

Une rotation entre les athlètes

Le chef de mission du Team Belgium précise par ailleurs que "le CIO procède à l’évaluation d’un programme de séjour des athlètes dans le village olympique sur base d’un ‘rotating athlete scenario’ dans le but d’optimiser le taux d’occupation. Les athlètes rentreraient chez eux 48h après leur compétition.”

Le comité d’organisation travaille aussi actuellement à des Jeux simplifiés. "Mais ce ne serait ni au détriment des athlètes, ni des coachs, ni de l’encadrement", précise Olav Spahl. "Le nombre de parties prenantes, VIP, délégations, bénévoles, serait ainsi revu à la baisse. Le COIB a déjà annulé la Belgian Hospitality House à Tokyo comme d’autres comités olympiques nationaux.”

Des Japonais uniquement en tribunes ?

Reste à voir s'il y aura du public dans les tribunes. "À nouveau, cette question dépend de l’évolution de la pandémie. Personnellement, je pense que le nombre de spectateurs sera réduit et que la pleine capacité de chacun des stades ne sera pas utilisée", estime Olav Spahl. "Par ailleurs, la demande de billets est très élevée au Japon, je peux donc imaginer que, si public il y a, les sièges ne seront occupés que par des Japonais, en raison de l’impact de la crise sanitaire sur les voyages à l’international. Nous devrions avoir une meilleure visibilité à ce sujet au printemps prochain.”

“Globalement, je crois que nous pouvons nous attendre à des compétitions olympiques plutôt qu'à des Jeux Olympiques", conclut Olav Spahl. "Pour les téléspectateurs, ce ne sera pas vraiment différent car ils pourront toujours suivre un grand nombre de compétitions passionnantes et variées sur quelques jours. Pour tous les fans olympiques qui se réjouissaient déjà d’aller aux Jeux pour en ressentir l'ambiance et contribuer à leur succès, c'est tout aussi regrettable que pour les athlètes qui, très soucieux de préserver leur santé dans cette situation inédite de crise sanitaire, se concentreront sur leurs compétitions et rentreront en Belgique immédiatement après.”