Médaille d'or aux Jeux Olympiques de Rio, l'ancienne judokate Emilie Andéol est tombée de très haut. Si elle parle, c'est notamment pour avertir les sportifs sur le difficile retour à la réalité. 

Lorsqu'elle prend place sur le podium aux JO 2016 à Rio, Emilie Andéol ne peut contenir ses larmes. Elle vient de remporter la médaille d'or de judo en catégorie plus de 78 kg. L'image avait alors fait le tour du monde et rien ne laissait penser la galère dans laquelle elle se trouverait quelques années plus tard.

Cette semaine, l'ex-judokate qui a quitté les tatamis en 2017, a expliqué dans Le Parisien qu'elle était désormais au chômage et qu'elle avait fait un burn-out. Une situation qui témoigne des difficultés rencontrées par les anciens sportifs à trouver leur place dans le marché de l'emploi une fois leur carrière terminée. "Parfois, je regrette d'avoir été championne olympique, la chute aurait été moins dure", confesse-t-elle. "On idéalise trop un titre olympique. Je pensais tellement que ça changerait ma vie…"

La jeune femme, seulement 32 ans, ne manque pourtant pas de qualifications. Elle dispose ainsi d'un bac, un DUT techniques de commercialisation, une licence en management des organisations, ainsi que des diplômes pour être professeure de judo. Mais on ne lui a jamais vraiment donné sa chance sur le marché de l'emploi. "L'année après les Jeux, j'ai perdu mes repères, mon corps a fini par dire stop. Je suis partie m'installer à Bordeaux et, depuis, c'est la galère", évoquant "la petite mort" de son après-carrière. "On me disait : 'Tu comprends, il y a Teddy Riner'. Et alors ? Je suis une femme, j'ai mon histoire…"

Elle a retrouvé du travail

Son témoignage a depuis été largement relayé dans les médias français. Au point de désormais susciter toutes les convoitises. Dans la foulée de la parution de cette interview dans Le Parisien, Emilie Andéol a rencontré la presse à Tignes, à l'occasion des Etoiles du Sport, un programme d'accompagnement pour les sportifs auquel elle participe. Pour calmer le jeu d'abord. "J'y suis peut-être allée un peu fort, pour moi c'est une immense fierté d'avoir été championne olympique, et je ne regrette pas du tout".

Pour annoncer ensuite qu'elle avait retrouvé du travail (auprès d'une société gérée par Stéphane Nomie, lui aussi ancien judoka). "Tout le monde me demande 't'as besoin de quoi?'. Et ça, j'aurais voulu l'avoir avant. (...) C'est quand même dingue d'en arriver là pour changer les choses", dit-elle, relayée par Le Huffington Post.

Et surtout, pour répéter qu'elle espérait que son histoire servirait aux futurs médaillés. "Que cette histoire serve, notamment pour la génération de Paris 2024. Que mon vécu n'arrive pas aux autres. C'est pour cela que je m'exprime."