Le judo a donc repris la compétition ce vendredi, à Budapest, où a lieu pendant trois jours le Grand Chelem hongrois. Distanciation, tests, masques : nul n’a échappé aux strictes règles sanitaires édictées par la Fédé internationale. Les trois tatamis ont été régulièrement désinfectés et certains arbitres ont même empêché les judokas de se saluer après leur combat alors qu’ils venaient de lutter au corps-à-corps pour la victoire.

Allez comprendre ! Mais ce n’est pas pour cette raison que la Française Gneto n’a pas serré la main d’Amber Ryheul après leur combat de repêchages en -52 kg. Non, la Française (n°17 mondial) était déçue de sa défaite face à la Belge qui, du haut de ses 22 ans, est vraiment en train de marquer les esprits et de précieux points au ranking mondial, où elle était 49e avant ce rendez-vous hongrois.

Amber Ryheul est venue à bout de Gneto après 2’34 de prolongation, sa troisième déjà de la journée, preuve que la jeune protégée de Mark Van der Ham est grande forme physique. Amber a ainsi écarté la Russe Polikarpova et la Mongole Bishrelt, chaque fois sur pénalités en prolongation, avant de s’incliner devant la Française Buchard (n°2), victorieuse au sol. Et c’est également au sol qu’Amber Ryheul a battu Astride Gneto !

Dans le clan belge, il y eut du bon et du moins bon… Dans la première catégorie, le parcours de Kenneth Van Gansbeke. Exempté du premier tour en -66 kg, Kenneth (n°51 mondial) s’est imposé au Saoudien Albashi par ippon après 1’45. De quoi le rassurer pour son retour, Kenneth n’ayant plus combattu depuis août 2019, au Mondial, en raison d’une blessure. Notre compatriote a, alors, livré un combat titanesque contre le Slovène Gomboc (n°15), l’emportant après 3’42 de prolongation.

Malheureusement, sa situation se gâta face au Russe Shamilov (n°18), lequel réussit à placer un contre pour retourner le Belge sur le dos après 2’50. À partir de là, Kenneth se lança à l’assaut de son rival, mais ne parvint pas à renverser le verdict : une défaite l’envoyant aux repêchages ! Et là, ce fut moins bon car il se laissa surprendre par le Mongol Battogtokh (n°91) après 1’02. Vraiment dommage…

En -60 kg, Jorre Verstraeten n’a pas réussi à prendre sa revanche sur le Français Khyar qui l’avait battu en février, à Paris, au terme d’une prolongation à suspense. Après une pénalité de chaque côté, le Belge a pourtant cru avoir pris l’avantage, mais les préposés à la vidéo ont annulé le waza-ari accordé par l’arbitre central pour son mouvement de contre. Ensuite, le Français a pris l’ascendant, marquant sur ippon juste après la mi-combat.

En -48 kg, Anne-Sophie Jura, exemptée du premier tour, était opposée à l’Argentine Pareto, championne olympique en titre, au deuxième. Face à cette redoutable adversaire, qui l’avait déjà battue à trois reprises par le passé, la Hennuyère a livré un combat courageux. Mais ses efforts n’ont pas été récompensés. Loin de là ! Après lui avoir déjà infligé deux pénalités pour non-combativité avant la mi-combat, l’arbitre a éliminé Anne-So en la sanctionnant une troisième fois, après 2’42, pour fausse attaque. Une décision précipitée et trop sévère. Opposée à la jeune Mongole Amarsanaa, Ellen Salens a, elle, livré un combat débridé avec un waza-ari pour chacune en moins de trente secondes ! Aucun doute : la victoire devait se jouer sur un coup de poker et celui-ci intervint après un peu plus d’une minute trente en faveur de la Mongole.

En -57 kg, Mina Libeer a commencé par remporter son combat face à la Turque Bozkurt, 19 ans. Sur un mouvement au sol, la Belge a pris l’avantage, mais son adversaire lui a rendu la pareille… On s’orientait vers la prolongation quand Mina plaça une nouvelle attaque, imparable, à cinq secondes de la fin. Ippon ! Opposée, ensuite, à la Portugaise Monteiro, la Belge s’est laissée surprendre après trente secondes.