Saluée par l’Iran comme une "grande victoire", la levée par le Tribunal arbitral du Sport de la suspension "illimitée" de sa Fédération de judo après avoir contraint l’un de ses représentants, Saeid Mollaei, à déclarer forfait au Mondial 2019 pour ne pas affronter un Israélien est, en fait, une… demi-victoire ! Le TAS a, en effet, estimé que la Fédération internationale ne pouvait suspendre sa subordonnée que pour une période déterminée, mais qu’elle devait bel et bien l’être après avoir enfreint le règlement de l'IJF.

"La Fédération de judo exprime sa gratitude pour la bonne performance de l’équipe juridique, le soutien du ministre des Sports et de la Jeunesse, l’assistance du président du Comité national olympique ayant mené à cette grande victoire juridique et sportive", a écrit la Fédé iranienne.

Cette triste affaire remonte donc au Mondial 2019, à Tokyo, où Saeid Mollaei, champion du monde sortant en -81 kg, s'était incliné en demi-finales (face à Matthias Casse !) alors que l’Israélien Muki remportait l’autre demi pour se retrouver en finale contre notre compatriote. Après quoi, Mollaei avait révélé et dénoncé les pressions qu’il avait subies des autorités iraniennes, au téléphone, jusque dans la salle d’échauffement…

Sur base de ces accusations, le 22 octobre 2019, l’IJF avait suspendu l’Iran de toutes ses compétitions jusqu’à ce que le pays "apporte de fortes garanties de son respect des statuts internationaux et que ses membres acceptent de combattre contre des Israéliens."

Dos au mur, la Fédération iranienne a mimé d’accepter. Car elle a continué sa pression sur Mollaei, entre-temps exilé en Allemagne et désormais combattant pour la Mongolie, ainsi que sa famille. Pas plus tard que mi-février, le Président de la Fédé, Arash Miresmaeili, a renouvelé ses critiques à l’égard de Saeid Mollaei, accueilli comme un héros à Tel Aviv pour y disputer le Grand Chelem, où il a décroché la médaille d’argent.

Cité par l’agence officielle iranienne Irna, Miresmaeili a estimé que ce tournoi n’était "pas un honneur, mais une tache de honte sur le front de Mollaei "

La balle est désormais dans le camp de la Fédération internationale de Judo qui doit déterminer une durée de suspension des Iraniens, dont un seul peut encore prétendre se qualifier pour les Jeux de Tokyo. Il s’agit de Mohammad Mohammadi (27 ans), 54e au ranking olympique en -73 kg et ex-médaillé de bronze mondial en 2018, l’année où Saeid Mollaei a décroché l’or en -81 kg !