Quelque 400 judokas, en provenance de 70 pays, ont rendez-vous dès ce lundi matin, à Doha, pour le Masters, une compétition sur invitation réunissant les 36 meilleurs mondiaux dans chaque catégorie. Parmi eux, cinq Belges : Jorre Verstraeten, Matthias Casse, Sami Chouchi, Charline Van Snick et Gabriella Willems.

Seule Roxane Taeymans, relevant d’une blessure récurrente au dos, a renoncé à l’invitation de la Fédération internationale. En revanche, au moins six autres compatriotes auraient bien voulu en être, mais n’étaient pas classés en ordre utile au ranking mondial pour ce prestigieux événement, intéressant à la fois sur le plan financier (or : 6.000 €, argent : 4.000 €, bronze : 2.000 €, avec 20 % prévu pour le coach !) et aussi comptable (or : 1.800 pts, argent : 1.260 pts, bronze : 900 pts, avec 200 minimum pour la participation…).

Vu cette échelle de points, il va de soi que le fossé entre les qualifiés (18 par catégorie, 1 par pays) et les non-qualifiés pour les Jeux de Tokyo risque de se creuser, parfois de manière définitive. Parmi les Belges candidats au rendez-vous olympique, on pense, bien entendu, à Toma Nikiforov, revenu à la compétition en novembre, à Budapest, après seize longs mois. Actuellement 43e au classement en -100 kg, à quelque 300 points du Turc Sismanlar (36e), le Bruxellois est, bien évidemment, très déçu de ne pas pouvoir combattre au Qatar.

"Toma est frustré ! Et je le comprends… Vu son potentiel et son palmarès, mais aussi la manière dont il a combattu à Budapest, il a sa place au Masters. Mais il ne peut rien contre l’arithmétique ! Avec ses blessures, il est mal classé pour le moment. Mais, personnellement, je pense que ce n’est qu’une question d’un ou deux tournois. Compte tenu des circonstances, avec la crise sanitaire et les Jeux de Tokyo, il voulait revenir le plus vite possible. C’est passé à Budapest, même s’il n’y eut pas la médaille, pas à Prague. Mais je me suis rendu compte que ce qu’on lui demandait était impossible...", explique Damiano Martinuzzi, son entraîneur.

En cause : l’absence de stage à l’étranger et de contact avec des adversaires de son poids.

"Avec Matthias Casse, son frère Jeroen, Karel Foubert et quelques autres, nous formons un excellent groupe, mais il n’y a rien de tel que de prendre, à l’entraînement, des gars qu’il retrouve en compétition. Je l’ai constaté avant Noël, en Israël, où il a mis plusieurs jours pour rentrer dedans. Mais, à la fin, il s’est offert un combat de vingt minutes avec Paltchik, actuel n°1 mondial dans sa catégorie. Et, croyez-moi, ils ne se sont pas épargnés ! Là, j’ai senti qu’il était de retour à son niveau. Nous avons enchaîné avec un autre stage en Autriche. Il s’est libéré, il a retrouvé le plaisir. Il est donc frustré car il aurait bien voulu voir ce que ça donne en compétition..."

En Autriche aussi, Toma s’est frotté à des judokas comme le Suisse Kumric ou l’Autrichien Boehler qui le précède de quelques places au ranking mondial (34e et 35e).

"Avec eux, il a pu remettre la main sur des adversaires avec du répondant, notamment physique. C’est pourquoi nous y retournerons fin janvier et début février. Sans compter le fait que les organisateurs prennent toutes les mesures nécessaires sur le plan sanitaire avec des bulles de 50 judokas maximum..."

L’officialisation du calendrier 2021 offre au Bruxellois sept ou huit opportunités de prendre des points et de remonter au classement. Et donc de se qualifier pour les Jeux de Tokyo !

"La seule certitude actuelle est que Toma effectuera sa rentrée à Tel Aviv, le 20 février. La suite dépendra de son résultat… Même si je sais qu’il a faim de compétition, il faudra être cohérent. Nous devons encore en discuter, notamment avec Mark Van der Ham, le head coach, qui s’occupe également de Matthias."

Les autres Belges absents de ce Masters 2021 sont, dans l’ordre de leur classement à la fin décembre 2020, Amber Ryheul (40e en -52 kg), Sophie Berger (41e en -78 kg), Anne-Sophie Jura (43e en -48 kg), Kenneth Van Gansbeke (44e en -66 kg) et Mina Libeer (46e en -57 kg).