Alors que la crise sanitaire s’est aggravée dans la plupart des pays européens, obligeant les responsables politiques à prendre des mesures draconiennes pour contrôler l’augmentation des cas positifs au Covid-19, la Fédération internationale de Judo (IJF) a décidé de maintenir l’organisation du Grand Chelem de Budapest, fin de la semaine prochaine. S’appuyant sur les autorités gouvernementales hongroises, le président de l’IJF, Marius Vizer, y voit même une forme de défi personnel. Première véritable compétition depuis février, ce rendez-vous a tout d’un test grandeur nature pour le judo, sport de contact(s) délicat à pratiquer avec le Coronavirus.

Le protocole sanitaire mis en place est à la mesure de l’enjeu sportif. L’objectif est de placer tous les acteurs (judokas, arbitres, officiels, bénévoles…) dans une bulle pendant les six jours, dont trois de compétition, où ils seront inévitablement amenés à se croiser. Même si la situation évolue quotidiennement, on dénombre quand même quelque 600 judokas, provenant d’environ 80 pays.

Parmi ceux-ci, une délégation belge, bien sûr, consciente de l’importance de ce rendez-vous qui entrera en ligne de compte pour les classements mondial et… olympique. Donc, qualificatif pour les Jeux de Tokyo ! Ce qui n’est pas sans entraîner une énorme frustration dans le chef de ceux qui ne peuvent pas se déplacer en Hongrie, comme les Australiens, les Néo-Zélandais ainsi que certains Sud-Américains.

Dans le clan belge, on enregistre également quelques forfaits notoires. Il y a, d’abord, celui de Charline Van Snick qui estime n’être pas prête physiquement à relever ce défi et préfère se concentrer sur l’Euro, du 19 au 21 novembre, à Prague. Relevant de blessures, Dirk Van Tichelt et Roxane Taeymans ont aussi décliné leur sélection. L’échéance tombe trop tôt pour eux.

Et puis, deux autres noms ont été effacés de la liste des engagés, ceux de Sami Chouchi et Malik Umayev !

"Sami est prêt physiquement, mais il estime qu’il ne pourra se concentrer à 100 % sur son judo avec tout le protocole sanitaire qu’on nous impose !", explique Cédric Taymans. "Nous avons tous été testés ce vendredi. Nous le serons encore lundi. Mais ce n’est pas tout ! Ce sera également le cas à notre arrivée à l’aéroport et le jour de la pesée… Pas évident à gérer, tout comme les déplacements, les conditions de vie à l’hôtel, etc."

Sami Chouchi est, il est vrai, un garçon convivial et le rendez-vous hongrois a tout perdu de ce caractère inhérent aux compétitions de judo.

"Malik, lui, sortira de quarantaine lundi… Oui, il a été testé positif au Covid-19, ce qui a, bien entendu, entraîné sa mise à l’écart du groupe, mais aussi quelques jours de battement pour tous les autres, heureusement négatifs...", enchaîne le DT francophone. "Sinon, eux, ils sont prêts."

La délégation belge comptera donc dix judokas. Si on ne déplore pas d’autres cas positifs d’ici là…

La délégation belge pour Budapest (23-25 octobre)

Hommes
-60 kg : Jorre Verstraeten ; -66 kg : Kenneth Van Gansbeke ; -81 kg : Matthias Casse ; -100 kg : Toma Nikiforov.

Femmes
-48 kg : Anne-Sophie Jura, Ellen Salens ; -52 kg : Amber Ryheul ; -57 kg : Mina Libeer ; -70 kg ; Gaby Willems ; -78 kg : Sophie Berger.