Alessia Corrao est une des trois médailles d’or du club de Visé au National jeunes. L’été, elle aide son papa entrepreneur sur les chantiers

Le club de Visé a frappé un grand coup lors des championnats de Belgique puisque trois des quatre participants qu’il avait délégués ont ramené la médaille d’or : Malik Umayev en -73 kg, Leila Kluckers en -57 kg (elle combattait toujours sous le sigle de Saive mais s’entraîne désormais à Visé) et Alessia Corrao en -63 kg.

Cette dernière était grande favorite puisqu’elle était déjà tenante du titre en espoirs, alors qu’elle n’a que 15 ans. Elle avait aussi remporté deux médailles à l’European Cup (elle avait battu la championne d’Europe à Berlin) et avait été sélectionnée pour les championnats d’Europe.

"C’est de la graine de championne, un vrai pitbull, dit Fabrice Flamand, qui l’entraînait déjà au club de Herstal avec Alain Boulanger. Autant elle est réservée en dehors, autant elle n’a peur de rien sur le tatami. Lors du stage international de Herstal, elle n’a pas hésité à rentrer dans le lard de filles bien plus expérimentées. Elle est tombée mais elle en a fait tomber aussi."

C’est parce qu’elle était hyperactive que ses parents l’ont inscrite au judo, en 2009. "J’avais essayé plusieurs sports mais je n’avais jamais accroché, dit-elle. Ici, j’ai immédiatement aimé. Et à la maison, ils ont vu la différence."

Sa grande sœur aussi : elle avait été championne de Belgique dans la même catégorie mais aujourd’hui, elle refuse les combats dans le salon. "Si je gagne, elle le prend mal, rigole Alessia, qui ne cache pas qu’elle aimerait devenir judoka professionnelle. Mon exemple, c’est Toma Nikiforov. Mais l’an dernier, je me suis un peu trop concentrée sur le judo et j’ai raté mon année à l’école. Il faut que je trouve le bon équilibre."

Dans ses combats aussi, elle doit parfois apprendre à se montrer patiente. "Je dois encore structurer ma garde mais je ne veux pas non plus perdre ce côté bourrin qui fait ma force", dit cette jeune fille d’un mètre cinquante-sept qui, pendant les vacances, n’hésite pas à porter des blocs sur les chantiers avec son papa, entrepreneur.

Bien entendu, cette force a aussi ses exigences : Alessia est une bonne fourchette qui aime tout ce qui est bon. "Jusqu’ici, j’ai contourné le problème en montant de catégorie, mais je suis bien en -63 kg, où les adversaires sont plus stables. J’apprends donc à faire attention à mon poids un peu plus tôt avant les compétitions."