L’impatience des uns et la frustration des autres augmentent au fur et à mesure qu’approche la date de reprise des compétitions en judo. La tenue du Grand Chelem à Budapest, les 23, 24 et 25 octobre, attisent l’envie des judokas du monde entier. Ou presque… Car tous ne sont pas logés à la même enseigne ! Si la plupart des pays européens seront bel et bien présents, la semaine prochaine, dans la capitale hongroise, d’autres nations (asiatiques et océaniennes) ne veulent pas, voire ne peuvent pas en être.

Pour préparer ce rendez-vous, d’autant plus important qu’il attribuera des points aux classements mondial et… olympique (en vue des Jeux de Tokyo !), les Belges avaient opté pour un stage d’une semaine à Papendal (Pays-Bas). Mais celui-ci a été annulé, à la toute dernière minute, en raison de plusieurs cas positifs au Covid-19 à l’intérieur même du complexe sportif d’entraînement. Conséquence : retour à Louvain-la-Neuve pour les Francophones, à Wilrijk pour les Néerlandophones.

Placés dans des bulles de cinq maximum, nos judokas ont poursuivi leur préparation entre eux. Une situation qui convient mieux à certains, moins à d’autres, comme Toma Nikiforov qui manque cruellement de sparring-partners en Belgique. Rien à voir avec les qualités d’un Matthias Casse ou d’un Karel Foubert, mais c’est une question de poids ! On ne s’entraîne pas de la même manière avec un -81 ou un -90 kg qu’avec un -100 kg…

C’est pourquoi, avec son coach Damiano Martinuzzi, Toma a décidé d’effectuer, ce jeudi, un aller-retour à Paris pour s’entraîner avec l’équipe de France olympique de judo, dont un certain Teddy Riner.

"Nous avons envoyé une demande à Franck Chambily, l’entraîneur de Teddy, et elle a été acceptée à condition, bien sûr, d’être en possession d’un test Covid-19 négatif !", explique Damiano. "L’entraînement du jeudi à l’Insep a traditionnellement lieu de 16h30 à 18h30. Toma arrive, il participe à la séance avec les meilleurs poids lourds français et il repart. Dans un premier temps, nous pensions pouvoir passer plusieurs jours dans la capitale française, mais ce n'est pas possible."

Cette reprise de contact avec des judokas de haut niveau étrangers est absolument nécessaire pour le Bruxellois, surtout quand on voit la liste des engagés à Budapest où notre n°53 mondial en -100 kg sera tête de série n°29. Donc, sans doute pas gâté par le tirage au sort.

"Après tous ces mois passés à s’entraîner, Toma a besoin de combats. Mais Budapest sera un rendez-vous très relevé !", enchaîne Martinuzzi. "Il devra être prêt dès la première seconde, quel que soit son adversaire."

Voilà pourquoi notre champion d’Europe 2018 n’a donc pas hésité à se frotter aux meilleurs Français, ce jeudi après-midi, sur les tatamis de l’Insep, à Paris.