Record de Belgique du 400 m (44.56) et 3e perf mondiale 2012 pour le Bruxellois

BRUXELLES Après avoir vu son frère Jonathan améliorer à trois reprises le record de Belgique dont lui-même s’était pourtant emparé le 19 août 2008, à Pékin, où il devint le premier Belge sous les 45 secondes (44.88), Kevin Borlée a repris son bien. Samedi, dans une série nationale a priori assez anodine, dans des conditions correctes mais pas exceptionnelles, le champion d’Europe s’est lâché : 44.56 ! Aucun athlète européen n’avait couru aussi vite depuis cinq ans. Dans l’histoire de l’athlétisme, à peine huit représentants du Vieux Continent ont fait mieux. Et ce dimanche, au cours de la finale la plus dense des Championnats de Belgique, Kevin Borlée, seul sur sa planète, a confirmé son chrono : 44.63 !

Kevin, vous avez visiblement bien récupéré de samedi.

“Oui, ça va... (il sourit) Je suis content de confirmer. Les sensations étaient moins bonnes qu’hier, il fallait que je me remotive pour cette deuxième course et je suis content qu’elle se soit bien passée ! Dans le virage, j’ai senti que ça devenait un peu dur, j’avais l’impression de ressentir plus le vent que samedi et j’ai veillé à rester relâché”.

Ces chronos révèlent un état de forme très intéressant.

“Oui, ça veut dire que je suis bien ! Je savais que j’en étais capable. La préparation a vraiment été très bonne. Réussir cela en séries et en finale des Championnats de Belgique, que je considérais comme un entraînement pour trouver mon rythme, c’est très bien. On peut donc dire que l’entraînement est réussi ! Ce week-end est une bonne base pour la suite. Maintenant, on va remettre une dose de travail en vue des Jeux et essayer d’arriver à Londres avec davantage de fraîcheur encore. ”

Quelle influence ces chronos auront-ils sur votre programme ?

“Cela ne va pas changer grand-chose. On pourrait laisser tomber le meeting de Londres, voire Madrid. Monaco, on le garde car il faut une course juste avant les Jeux. On verra bien comment ça va se passer, notamment aux Championnats d’Europe.”

Aviez-vous besoin de ces chronos pour être rassuré ?

“Non, je me sentais très confiant. J’était juste un peu frustré après Eugene, où j’aurais pu faire bien mieux. Ce n’était cependant que ma deuxième course et je me suis un peu loupé. Mais avec mes sensations, les bons chronos devaient finir par se concrétiser.”

N’est-il pas trop tôt pour établir de telles références ?

“Ce n’est peut-être pas le maximum de ce que je peux faire ! Sur cette question-là, je fais confiance à mon père : le pic de forme est programmé à Londres. Ce n’était pas spécialement prévu de faire ces performances ce week-end mais voilà, c’est passé, tant mieux. Je pense que j’ai fait ces deux courses à un moment idéal dans la saison. Maintenant, on va continuer à bien travailler cette semaine en stage, du côté de Sophia Antipolis, sans s’emballer outre mesure.”

Les résultats des autres coureurs de 400 m sont aussi rassurants dans l’optique du relais.

“Oui, c’est vrai ! Avant les championnats, je savais qu’il allait se passer quelque chose. Cette finale était sans doute la plus relevée de l’histoire. Je me souviens que lors de ma première année, j’ai pris le bronze en 47.50, un chrono qui aujourd’hui ne permettait pas d’entrer en finale ! Je suis content pour Antoine (Gillet), j’espère qu’il sera délibéré pour Helsinki parce que ça permet d’engranger de la confiance, de l’expérience et d’évacuer la pression avant le relais.”

Et puis, il y a la surprise Bouckaert...

“Oui, Jente, c’est ça ? Lui, par exemple, va courir à Helsinki, c’est un vrai plus. Il a explosé son record : tout ce que je peux dire, c’est bravo et... tant mieux ! Maintenant, pour le relais aux JO, il n’y a rien de définitif. Il ne faut pas écarter Destatte, qui travaille bien, ni Ghislain. En 4x400 m, la cohésion du groupe est plus importante que les automatismes. Il vaut mieux prendre les plus rapides. Maintenant, si ça se joue à quelques centièmes, on a intérêt à privilégier l’expérience. Cette décision reviendra au coach...”



© La Dernière Heure 2012