Il est venu. Il a nagé, roulé, couru. Et il a vaincu ! Kristian Blummenfelt a ajouté une ligne particulièrement prestigieuse à son palmarès ce samedi, à St. George, devenant champion du monde d’Ironman… Après le titre olympique l’an dernier, à Tokyo, le Norvégien de 28 ans a confirmé qu’il était bel et bien le meilleur triathlète actuel. Et tant pis pour les nombreux absents, blessés ou malades, rien ne pouvait ternir le bonheur de celui qu’on peut qualifier de phénomène. De la courte à la longue distance, Kristian Blummenfelt est hors norme !

Sorti de l’eau en 10e position, à 2’10 du Français Laidlow qui a bouclé les 3,8 km en 47’29, devant le Danois Baekkegard, lui-même suivi de près par les Néo-Zélandais Smith et Currie ainsi que l’Allemand Angert, Kristian Blummenfelt est monté sur son vélo avec l’intention de rejoindre au plus vite ce... "club des cinq". Mais c’était sans compter sur le parcours très vallonné dans le désert de l’Utah. Rattrapé par l’Australien Wurf, de l’équipe cycliste Ineos, le Norvégien tenta de s’accrocher avec, également, le Canadien Sanders.

Mais ce trio ne parvint pas à réduire l’écart, que du contraire ! Smith fut le premier à poser sa machine dans la zone de transition, devant Laidlow, Currie, Angert et Baekkegard, tous regroupés en une dizaine de secondes. Derrière, Wurf, Sanders et Blummenfelt bouclaient les 180 km à plus de quatre minutes, 4’26 exactement pour le champion olympique de Tokyo… Alors que Smith entamait le marathon final en tête, il fut dépassé par Currie dès le km 7 tandis que Blummie n’avait repris que… trois secondes sur les leaders, lâchant quand même Sanders et Wurf, moins à l’aise en course à pied qu’à vélo. Mais la machine Blummenfelt se mit en route et elle avala tout sur son passage. Kyle Smith fut le premier à céder devant la foulée un peu atypique du Norvégien.

Puis, ce fut au tour de Daniel Baekkegard. À mi-marathon, Kristian Blummenfelt pointait déjà en deuxième position, après avoir dépassé Sam Laidlow et Florian Angert. À partir de là, le compte-à-rebours était lancé. De 2’27 au km 21, l’écart fondit sous une chaleur clémente (20°) dans un centre-ville de St. George que le vent balayait modérément et ce qui devait arriver arriva : Blummenfelt rattrapa Currie au km 29, le laissant sur place pour filer vers le titre tant convoité de champion du monde.

Loin derrière, les deux Belges engagés n’ont jamais été dans le coup pour la victoire, même si Pieter Heemeryck a pointé à la 12e place, à 2’16, après la natation, que Bart Aernouts a terminée 38e et dernier, à 11’27. Autant dire qu’à cet instant, le podium était déjà inaccessible pour Bart qui se retira de l’épreuve entre le km 102 et le km 115 à vélo. Pieter, lui, se défendit, posant sa machine en 12e position, mais à 16’27 de la tête. Là aussi, le rêve s’était évanoui, d’autant que le Brabançon lâcha beaucoup de temps à pied, passant en 20e position, à 32’49, au km 21. Au caractère, Pieter s’accrocha à son destin pour sa première participation au Mondial d’Ironman, mais il ne pouvait se battre que pour une place dans le Top 20 (19e)…

Côté féminin, la victoire est revenue à la Suissesse Daniela Ryf, en 8h34.59, devant la Britannique Kat Matthews (8h43.49) et l'Allemande Anne Haug (8h47.03). Ryf a ainsi repris son trône mondial, qu'elle avait déjà occupé à quatre reprises auparavant, à Haug, lauréate en 2019.