L’apnéiste italien, élève de Jacques Mayol, a profondément marqué sa discipline et l’a popularisée auprès du grand public.

Ses yeux d’un bleu profond, ses boucles blondes et son accent de la province de Varèse ont fait fondre le coeur de bon nombre de jeunes filles à l’époque où l’Italien écumait les plateaux de télévision, en France notamment. Umberto Pelizzari, qui a permis de populariser la discipline de la plongée en apnée dans les années 90, est toutefois bien davantage qu’un physique : c’est un sportif hors norme dont la rivalité avec le Cubain Fransisco Ferreras a permis de battre de nombreux records du monde au point d’en faire une légende vivante de cette discipline fascinante.

"Trouver du plaisir en patiquant une activité contre-nature, c’est vrai que c’est particulier. Mais j’ai toujours aimé cette manière différente de sentir mon corps", dit-il.

Adepte du yoga et de la sophrologie, qui lui permettent de ralentir son rythme cardiaque jusjusqu’à huit pulsations par minute et de s’arrêter de respirer pendant... 7 minutes, Umberto Pelizzari se revendique de l’école Jacques Mayol (le héros romantique du Grand Bleu), un pionnier qu’il a du reste longtemps côtoyé. "C’est lui qui m’a fait comprendre que l’apnée était une discipline de vie, un état mental que tu prépares pendant plusieurs heures grâce à la relaxation, à la concentration, à la respiration. Ce ne sont pas juste les muscles, les jambes qui te poussent vers le bas puis vers le haut. C’est une question de sensations, de connaissance de toi et de ton corps, de feeling. En fait, la performance vient d’elle-même. C’est avant tout ma passion pour la mer qui dicte mon mode de vie, c’est un challenge contre moi-même avant d’être un challenge contre les autres apnéistes."

Il n’empêche, les exploits de l’Italien, à une époque où beaucoup de mystères - physiologiques notamment - enveloppaient encore cette pratique de la plongée en apnée, restent. Recordman du monde d’apnée statique dès 1988, il a également détenu trois records en simultané : celui en no limit à -150 mètres, celui en poids constant à - 80 mètres et celui en poids variable à -131 mètres. Ce n’est qu’en 2010 qu’Umberto Pelizzari sera détrôné par l’Autrichien Herbert Nitsch.

Mais, au fond, comment l’Italien décrit-il les sensations éprouvées lors d’une plongée ?

"Chaque descente est différente, c’est comme quand on rêve", explique-t-il. "Ce n’est pas douloureux. J’oublie que je suis un terrien, que je dois respirer. La pression est supérieure, de l’ordre de 15 ou 16 kg sur chaque centimètre de ton corps, mais on n’y pense pas. À 150 mètres de profondeur, ton corps s’efface, il devient ta tête. En tout cas, c’est ce que moi je ressens. Là, en bas, il n’y a pas de bruit, c’est un autre monde. On expérimente des sensations, des émotions qui sont très particulières. Il m’est arrivé de vouloir rester à cette profondeur, tellement c’est agréable."

Âgé de 51 ans aujourd’hui, Umberto Pelizzari, qui s’est retiré en pleine gloire en 2001 après un nouveau record du monde en poids variable, se consacre aux formations et à son académie de plongée libre Apnéa. C’est ainsi qu’en 2015, à l’iniative de Jacques Borlée, l’équipe nationale masculine de relais 4x400m a notamment pu le rencontrer pour un travail spécifique sur la respiration en situation de stress et sur la flexbilité de la cage thoracique. Un team-buliding dont nos athlètes se souviennent encore !