Après une pause de huit semaines, et un dernier événement organisé le 14 mars à Brasilia, l’UFC effectue un retour très attendu, ce samedi 9 mai, aux Etats-Unis même s’il se déroulera – comme le rendez-vous brésilien - à huis clos.

Après avoir exploré plusieurs pistes inédites (une île privée, une réserve indienne en Californie…), Dana White, le grand patron de la plus grande organisation de MMA, a finalement jeté son dévolu sur la Floride, un état qui a joué la carte d’un déconfinement rapide il y a quelques jours, et la Vystar Veterans Memorial Arena de Jacksonville.

Dotée d’une capacité de 15000 personnes, cette salle omnisports résonnera donc d’un écho un peu particulier pour cette reprise de la compétition, un paramètre inhabituel auquel les combattants à l’affiche devront s’adapter rapidement.

« Pour la première fois, je vais combattre dans une salle vide, du coup chaque bruit je vais l’entendre », a expliqué le Camerounais Francis Ngannou à nos confrères de L’Equipe. «Je vais m’entendre respirer, je vais m’entendre marcher dans l’octogone, je vais entendre chaque coup envoyé, je vais entendre parler mes coaches à mon adversaire (NdlR : le Surinamien Rozenstruik)… Et puis l’écho dans la salle va être différent, tout ce qui est habituellement absorbé par le public va revenir vers moi. L’effet va sans doute être étrange, j’ai du mal d’ailleurs à l’imaginer. »

"Un plan bien pensé"

Dans le combat principal de cet UFC 249 initialement prévu le 28 mars puis reporté à deux reprises, les Américains Tony Ferguson et Justin Gaethje en découdront pour la ceinture intérimaire des légers. Et au total (cartes préliminaire et principale), ce sont pas moins de 12 combats qui sont programmés au cours de cette soirée très dense qui fait déjà saliver les amateurs du genre. Et dont le protocole servira peut-être à inspirer d’autres sports de combat avec des examens médicaux avancés, des contrôles de température et les directives de distanciation sociale. Par ailleurs, toutes les activités publiques en marge de l’événement ont été annulées.

« Ce n’est pas un projet fou, c’est un plan bien pensé », insiste Dana White. « Nous avons des gens très, très intelligents, des médecins et des collaborateurs de l’UFC qui travaillent sans relâche sur ce projet depuis que la pandémie a commencé, qui oeuvrent pour trouver des solutions. Nous pensons que cet endroit sera aussi sûr qu’il le peut pour toutes les personnes présentes dans l’infrastructure. Et puis quelqu’un doit être le premier, non ? On ne peut pas se cacher éternellement.»

Soutenu par le gouverneur de la Californie, qui considère le sport professionnel comme « un service essentiel » à son état, et par le maire de Jacksonville, Dana White compte bien profiter de cette porte ouverte, en pleine pandémie, pour faire à nouveau tourner un business largement alimenté par le pay-per-view. Deux autres événements sont en effet déjà programmés les 13 et 16 mai au même endroit soit trois rendez-vous en une semaine !