Le Comité international olympique (CIO) a recommandé lundi de bannir Russes et Bélarusses des compétitions sportives, une proposition soutenue par le Comité olympique et paralympique américain.

Dans un communiqué, la Commission exécutive du CIO "recommande aux Fédérations internationales de sport et aux organisateurs de manifestations sportives de ne pas inviter ou permettre la participation d'athlètes et de représentants officiels russes et bélarusses aux compétitions internationales".

Cyclisme

Les sélections nationales russes et bélarusses ne sont plus autorisées à participer, avec effet immédiat, aux courses cyclistes du calendrier international, a annoncé mardi l'Union cycliste internationale (UCI). Le statut d'équipe UCI, indispensable pour participer aux épreuves, est retiré à toutes les formations de nationalité russe ou bélarusse. Six équipes sont concernées par cette décision, dont la plus célèbre est l'équipe UCI ProTeam Gazprom-RusVelo. Le Comité directeur de l'UCI a pris mardi une série de mesures à la suite de l'invasion de l'Ukraine par Moscou, toutes disciplines confondues. Lors des épreuves du calendrier international UCI, les emblèmes, noms, acronymes, drapeaux et hymnes liés à la Russie et au Bélarus sont interdits. Les épreuves russes et bélarusses, comme le Grand Prix de Moscou en cyclisme sur piste, sont retirées du calendrier.

L'UCI précise que les "licenciés russes et bélarusses sont autorisés à participer aux épreuves du calendrier international UCI avec leurs équipes respectives pour autant qu'ils soient enregistrés auprès d'une équipe UCI non russe ou bélarusse. Les coureurs russes et bélarusses peuvent également participer aux épreuves du calendrier international UCI lorsque l'inscription individuelle est autorisée." Ces coureurs devront donc concourir sous bannière neutre.

Tennis

La fédération internationale de tennis (ITF) a annoncé mardi suspendre, jusqu'à nouvel ordre, les fédérations russe (RTF) et bélarusse (BTF) de tennis en raison de l'invasion russe en Ukraine. Tous les événements ITF dans ces deux pays sont annulés. Cette décision, qui suit la recommandation faite lundi par le Comité international olympique (CIO), a pour conséquence d'exclure la Russie et le Bélarus de la Coupe Davis et de la Billie Jean Cup. L'équipe belge de BJK Cup, qui devait affronter les Bélarusses les 14 et 15 avril lors des barrages, jouera donc la phase finale.

La Russie est tenante du titre tant de la Coupe Davis que de la BJK Cup.

Si cette décision implique les deux équipes nationales, les joueurs et joueuses ne sont pas concernés. Russes et Bélarusses pourront donc continuer de disputer les rendez-vous organisés par l'ATP et la WTA, les principaux circuits masculin et féminin.

La Russie compte quatre joueurs dans le top 25 du classement ATP, dont le nouveau N.1 mondial Daniil Medvedev et Andrey Rublev (ATP 6).

Au classement WTA, qui a déjà retiré la mention des nationalités russes et bélarus des joueuses concernées, la Russie possède pas moins de 16 joueuses dans le top 200, dont Anastasia Pavlyuchenkova (WTA 14) et Veronika Kudermetova (WTA 23).

Basket

La FIBA, la Fédération internationale de basket, a annoncé mardi que les équipes et officiels de match russes ne seraient plus autorisés à participer aux compétitions qu'elle organise, y compris en basket 3x3, "jusqu'à nouvel avis". La FIBA explique "s'aligner avec la décision et les motifs évoqués par la Commission exécutive du Comité International Olympique" à la suite de l'invasion de l'Ukraine par Moscou.

La FIBA précise qu'elle communiquera ultérieurement d'éventuelles nouvelles mesures prises lors de la réunion de son Bureau Central le 25 mars, ainsi que celles décidées par les entités européennes de la FIBA dans les prochains jours.

Canoë-kayak

La fédération internationale de canoë (ICF) a annoncé mardi après-midi la suspension de la Russie et du Bélarus de toutes compétitions organisées sous son égide jusqu'à nouvel ordre. Cette décision a été prise à l'unanimité et s'ajoute à l'annulation des trois compétitions de Coupe du monde prévues en Russie en 2022.

"En tant que sport mondial, nous avons un rôle important à jouer et devons faire preuve de leadership sur des questions comme celle-ci. Nous savons que des athlètes et des officiels innocents en Russie et au Bélarus qui ne soutiennent pas les actions de leur gouvernement sont punis, mais le coût pour nos athlètes, entraîneurs et officiels en Ukraine est bien plus élevé", a déclaré Thomas Konietzko, le président allemand de l'ICF.

Plus aucun drapeau, hymne national ou image des fédérations russe et bélarusse n'apparaîtront lors des compétitions de l'ICF, sur le site internet et d'autres supports graphiques jusqu'à nouvel ordre.

Escrime

Le patron de la fédération internationale d'escrime (FIE), l'homme d'affaires russo-ouzbèke Alisher Usmanov, a annoncé mardi qu'il se mettait en retrait de cette fonction, invoquant les sanctions européennes dont il est la cible. Dans un court communiqué mis en ligne par la FIE, Alisher Usmanov explique "suspendre ses fonctions de président (...), avec effet immédiat, jusqu'à ce que la justice soit restaurée".

Décrit par les Occidentaux comme proche du président russe Vladimir Poutine, Alisher Usmanov qualifie la décision prise lundi par l'Union européenne d'"injuste", prise sur la base d'"un ensemble d'allégations fausses et diffamatoires qui nuisent à (son) honneur, à (sa) dignité et à (sa) réputation d'hommes d'affaire".

"J'utiliserai tous les moyens légaux pour protéger mon honneur et ma réputation", a dit l'homme d'affaires, qui a également investi dans le football anglais.

Dans un communiqué distinct, également publié mardi, la FIE a indiqué qu'elle mettait en oeuvre les mesures préconisées par le CIO le 25 février, soit la participation possible à ses compétitions d'escrimeurs russes et bélarusses, mais à titre individuel, sous bannière neutre. Elle n'a en revanche pas évoqué la recommandation diffusée lundi par le CIO, qui appelle à bannir purement et simplement les athlètes russes.

A la tête de la FIE depuis 2008, Alisher Usmanov a participé sur ses deniers personnels au financement de la fédération: une ligne dans les recettes des budgets 2019 et 2020 comporte la mention "donation du président" avec la somme de 5 millions de francs suisses, sur un total de 9,5 millions de francs suisses de recettes en 2019.

Volley

Mardi, la Fédération internationale de volley a annoncé retirer l'organisation du Mondial-2022 de volley-ball, prévu en août et septembre en Russie. Plus tard, la Conférédation européenne de volleyball (CEV) a, à son tour, réagi à l'invasion de l'Ukraine par les forces armées russes et leurs alliés bélarusses en sanctionnant la Russie et le Bélarus. "Toutes les équipes nationales russes et bélarusses, athlètes, clubs et officiels ne sont plus autorisés à participer à des compétitions européennes", pouvait-on lire dans le communiqué publié mardi. Cette sanction concerne aussi le beachvolley et le snow volley. Elle s'ajoute à la décision de retirer toutes les épreuves prévues en Russie. Tous les dirigeants russes et bélarusses sont suspendus de toutes leurs fonctions au sein des organes de la CEV.

Plus tôt dans la journée, la fédération internationale de volley (FIVB) avait annoncé l'exclusion de la Russie et du Bélarus de toutes les compétitions internationales et continentales et le retrait de l'organisation du championnat du monde masculin 2022 à la Russie.

Polonais et Français, respectivement champions du monde et olympiques, avaient avant même cette décision prévenu qu'ils seraient forfait si la compétition y était maintenue.

Football

La Russie exclue du Mondial-2022

Hôtes du dernier Mondial en 2018, les Russes ont été exclus lundi de l'édition 2022 au Qatar (21 novembre-18 décembre) par la Fédération internationale de football.

La Fifa et l'UEFA ont annoncé conjointement la suspension des sélections nationales et des clubs russes de toutes leurs compétitions "jusqu'à nouvel ordre".

La Pologne, qui devait disputer un barrage pour le Mondial fin mars contre la Russie, avait déjà annoncé qu'elle refusait de le jouer, imitée par la Suède et la République tchèque, possibles adversaires des Russes au tour suivant.

Interrogée par l'AFP, la Fifa n'avait pas confirmé, lundi soir, si la Pologne était directement qualifiée pour la finale de ces barrages, ou si un autre format serait retenu.

Le comité exécutif de l'UEFA se réunira également prochainement pour décider de l'impact de l'exclusion de l'équipe russe sur l'Euro féminin prévu en juillet en Angleterre.

L'UEFA rompt avec Gazprom

L'invasion russe en Ukraine a aussi des répercussions sur les contrats de sponsoring: mardi, Adidas a suspendu son partenariat avec la Fédération russe de football.

La veille, l'UEFA avait rompu "avec effet immédiat" son partenariat avec le géant russe de l'énergie Gazprom, l'un de ses principaux sponsors depuis 2012.

Le contrat était estimé à 40 millions d'euros par an selon des médias spécialisés, et couvrait la Ligue des champions, les compétitions internationales organisées par l'UEFA ainsi que l'Euro-2024 qui aura lieu en Allemagne.

Sponsorisé aussi par Gazprom, le club allemand de Schalke 04 avait déjà annoncé la rupture de son contrat, et Manchester United a de son côté décidé de se passer de la compagnie aérienne russe Aeroflot.

Sports automobiles

Et l'avenir en F1 de Nikita Mazepin, fils d'un dirigeant d'Uralkali, qui devait piloter une des deux monoplaces, semble obscurci. La Fédération internationale de sport automobile (FIA) a décidé mardi, lors d'une réunion extraordinaire, que le pilote russe Nikita Mazepin serait autorisé à participer à la première manche du Championnat du monde de Formule 1, à Bahreïn, le 20 mars prochain. Pour ce faire, le pilote de l'écurie Haas devra concourir sous drapeau neutre, une décision qui vaut pour l'ensemble des pilotes russes et biélorusses. La Formule 1 avait précédemment décidé d'annuler le Grand Prix de Russie à Sotchi, prévu le 25 septembre. Mardi, la FIA rappelait aussi qu'aucune compétition internationale n'aurait lieu sur le sol russe ou biélorusse jusqu'à nouvel ordre. Les équipes nationales des deux pays sont également exclues des compétitions. Les membres élus de la FIA originaires de Russie ou de Biélorussie sont tenus de se retirer.

Tennis

Plusieurs joueuses de tennis ukrainiennes ont mis en demeure la WTA de réagir. Elina Svitolina, qui devait affronter la Russe Anastasia Potapova mardi à Monterrey, a annoncé qu'elle ne jouerait plus contre des adversaires russes ou bélarusses tant que ces dernières ne participeraient pas aux tournois en tant qu'athlètes "neutres".

Handball

Les équipes nationales de handball de Russie et du Bélarus ainsi que les clubs de ces deux pays participant à des compétitions européennes sont suspendus "avec effet immédiat" et "jusqu'à nouvel ordre", a annoncé lundi la Fédération européenne de handball (EHF).

Le Comité exécutif de l'EHF a pris cette décision en réaction à l'invasion de l'Ukraine par Moscou. La suspension de la Russie peut avoir des conséquences pour la Belgique. Les Red Wolves affrontent la Slovaquie au premier tour des barrages du Mondial 2023 messieurs les 16 et 19 mars. Le vainqueur est censé affronter la Russie au dernier tour, prévu à la mi-avril.

Le prochain Mondial se jouera en janvier 2023 en Suède et en Pologne. La Belgique vise une première participation à un grand tournoi.

Equitation

La Fédération équestre internationale (FEI) a annulé toutes les compétitions internationales prévues en Russie et au Bélarus en 2022. Dans un communiqué publié lundi soir, l'instance déclare qu'elle suit la recommandation faite vendredi par Comité international olympique (CIO) de délocaliser ou annuler tous les événements sportifs prévus dans ces deux pays à la suite de l'invasion de l'Ukraine par Moscou. En outre, le bureau exécutif de la FEI demande au conseil d'administration de la FEI de considérer une résolution d'urgence "interdisant la participation de tous les athlètes et officiels russes", après la nouvelle recommandation, annoncée lundi, du CIO.

La FEI a également annoncé l'allocation d'un fonds de solidarité d'un million de francs suisses (972.000 euros) en faveur de la communauté équestre en Ukraine.

Autres sports

Ski, biathlon, hockey sur glace, mais aussi rugby, boxe ou natation: de nombreuses fédérations nationales ou internationales ont aussi annoncé des mesures drastiques visant les sportifs russes, et parfois bélarusses.

Parmi elles, les fédérations suédoise et norvégienne de ski ont fait savoir que les sportifs russes n'étaient pas les bienvenus sur leurs territoires en mars et les autorités britanniques ont prévenu que les sélections nationales russes et bélarusses étaient persona non grata.

Toutes les équipes russes et bélarusses ont aussi été bannies par la Fédération internationale de hockey - privant les Russes du Mondial-2022 en Finlande -, ainsi que par World Rugby - enterrant les minces espoirs russes de qualification au Mondial-2023 en France.

Mardi, l'Union internationale de patinage (ISU) a annoncé qu'aucun patineur russe ou bélarusse "ne ser(ait) autorisé à participer à des événements organisés" par la fédération.

La participation des trois clubs russes à l'Euroligue de basket a également été suspendue.

La Fédération internationale de ski a de son côté annulé toutes les compétitions prévues en Russie, comme la Fédération mondiale de badminton, celle de natation (qui a annulé les Mondiaux juniors de Kazan en août), et les quatres grandes fédérations de boxe ont prévenu qu'elles n'autoriseraient plus de combat en Russie.

Drapeaux et hymnes de Russie et du Bélarus ont aussi été bannis par les Fédérations internationales de biathlon et de badminton.