Après Saeid Mollaei, son judoka champion du monde 2018, la République islamique a perdu sa médaillée de bronze des Jeux de Rio...

Rien ne va décidément plus dans le monde du sport de haut niveau iranien !

Après le judoka Saeid Mollaei, champion du monde 2018 en -81 kg (la catégorie de Matthias Casse…), la taekwondoïste Kimia Alizadeh, médaillée de bronze olympique 2016 en -57 kg (la catégorie de Raheleh Asemani !) a décidé de fuir la République islamique. Seule sportive féminine médaillée olympique d’Iran, Alizadeh a annoncé qu’elle avait quitté le pays, ce samedi, n’en pouvant plus de l’"hypocrisie" d’un système qui, selon elle, utilise ses sportives à des fins politiques, ces mêmes raisons qui ont conduit Mollaei, obligé de perdre par les autorités de son pays pour ne pas avoir à affronter l’Israélien Muki, à s’exiler.

"Je commence par bonjour, au revoir ou condoléances ?", a écrit la championne sur son compte Instagram, au moment où le pays est sous le choc de la catastrophe aérienne du Boeing 737 d’Ukraine International Airlines - abattu par un tir de missile - dans laquelle ont péri 176 personnes.

Comme Saeid Mollaei (28 ans), qui a pris la nationalité mongole, Kimia Alizadeh (21 ans), née à Karaj, à 30 km à l’ouest de Téhéran (comme notre compatriote Raheleh Asemani, bannie, elle, d’Iran pour avoir combattu contre l’Israélienne Gatterer en 2013), charge les autorités de la République islamique.

"Je figure parmi les millions de femmes opprimées en Iran avec qui ils jouent depuis des années… J’ai porté tout ce qu’ils m'ont dit de porter (allusion au voile) !", lance la médaillée de bronze olympique de Rio 2016, accueillie en héros, à l’époque, à son retour au pays. "J’ai répété tout ce qu’ils m'ont ordonné de dire et ils ont mis mes médailles au crédit du respect du voile obligatoire, aucune de nous n’ayant d'importance pour eux."

Critiquant l’"hypocrisie", le "mensonge", l’"injustice" et la "flatterie" qui règnent, selon elle, au sein du système politique iranien, elle assure "ne rien vouloir d'autre au monde que le taekwondo, la sécurité et le bonheur."

"Personne ne m'a invitée en Europe", écrit-elle encore, sans préciser où elle se trouve alors que les autorités la soupçonnent de vouloir défendre les couleurs d’un autre pays que l’Iran aux Jeux de Tokyo. Ce à quoi elle répond qu’elle reste "une enfant de l’Iran où qu'elle soit." Affaire à suivre !