L’Orée abordera la saison avec une ambition maximale. Entre les stars comme Dohmen, Stockbroekx, Thiéry ou encore Callioni, une des pièces majeures vient d’Argentine. À 22 ans, Tomi Domene devra surfer sur un bon ratio sur pc afin de pousser l’Orée jusqu’au carré final de Division d’Honneur, en rêvant de plus.

Présent à Bruxelles depuis 2017, le natif de Cordoba s’entraîne avec le noyau bruxellois car… il n’a jamais quitté la Belgique depuis mars. "Je suis resté à Bruxelles car j’avais trop peur de ne pouvoir revenir en Belgique à cause du Covid-19", commence Tomi Domene, tout de bleu vêtu. "Je suis heureux de revoir mes coéquipiers. Je ne regrette pas de ne pas être retourné dans mon pays."

Comme tous les sociétaires de Division d’Honneur, il a partagé son temps entre les sorties de running et les entraînements de fitness. "J’ai reçu les plans de l’entraîneur de l’équipe nationale", poursuit Domene. "Pendant le confinement, j’ai appris le français aussi."

"Les Belges sont polis"

Cloîtré seul dans son appartement à Woluwe, il ne multiplie pas les sorties. Par précaution et non par peur. En quatre ans, il a apprivoisé les recoins de sa commune. Il a passé le cap du mal du pays. "Parce que je vis loin de ma famille, j’ai mûri plus vite. Le championnat de Belgique est très bien coté. J’ai tout à gagner en restant à Bruxelles. J’aime la Belgique, qui offre une belle qualité de vie", dit encore Domene, qui entame sa quatrième saison avec le maillot de l’Orée. "J’apprécie aussi la mentalité des Belges et cette capacité à s’organiser. Je me sens en sécurité ici. Les gens sont éduqués et respectueux."

Le sleeper a eu le temps de prendre le pouls de ce qui l’entoure. S’il a été surpris par cette obsession belge de toujours songer à son avenir, il est resté le jeune adulte passionné qui fonctionne plus à l’instinct. Comme ses compatriotes. "Chez moi, on vit au jour le jour. J’ai appris à tout planifier car j’aimerais rester encore longtemps en Belgique ou en Europe."

Ses premiers pas sur le sol belge ont été guidés par l’importante délégation argentine qui peuple notre championnat. La barrière de la langue l’a un peu freiné, mais il tente d’améliorer ses connaissances de la langue de Molière. "En Belgique, j’ai vraiment retrouvé beaucoup de mes compatriotes car, en Argentine, la Belgique est une destination qui nous fait rêver pour poursuivre notre apprentissage."

Il ne cache pas ses liens d’amitié avec le gardien de Gand, Tomas Santiago, mais aussi ses coéquipiers Facu Callioni et le Belgo-Argentin Luca Masso - petit-fils d’Eddy Merckx - sans oublier Joaquin Coelho, Joaco Kruger, Juli Montone et Nico Cicileo. "En dehors du hockey, je vois surtout Pol Solano et Marta Clapes."

L’amitié belgo-argentine a toujours été solide dans le monde du hockey. La finale des Jeux olympiques de Rio n’a pas brisé ces liens. La bande à Brunet avait fauché en plein envol les Red Lions en finale. "J’ai revu le match récemment. J’en avais encore des frissons. Le jeu argentin a été d’une très haute qualité durant tout le tournoi. Ils ont été éblouissants en finale. Le peuple argentin avait été si fier. J’ai l’honneur de m’entraîner avec cette équipe aujourd’hui. Cette expérience vaut tout l’or du monde."

Entre les entraînements avec les champions olympiques et le championnat de Belgique, Tomi Domene s’est offert le meilleur cadre pour exploiter au mieux son potentiel. "La Belgique présente un énorme avantage. Son championnat est de très haute qualité. En plus, la taille du pays permet de voyager facilement partout. Les entraîneurs nationaux peuvent réunir tout le monde en un point. Avec les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Angleterre et l’Espagne, les Red Lions disposent de rivaux à proximité pour planifier des matchs de préparation. En Argentine, nous n’avons pas tout ce confort. Nous avons dû compenser avec une mentalité de vainqueurs. Même si nous ne nous voyons pas beaucoup, nous voulons toujours gagner."

"Très mauvais au foot"

Gagner, gagner, gagner, le mot ressort souvent de sa bouche. Depuis ses premiers pas sur le terrain de Cordoba, Tomi Domene n’a de cesse de suer pour porter le maillot blanc et bleu. Il n’a pas hésité à quitter l’Argentine pour rejoindre l’Albiceleste. "Dans ma ville de Cordoba, nous avions quatre équipes masculines. Nous nous affrontions toute l’année. Notre championnat est très court."

C’est sa maman qui lui a mis un stick en main pour perpétuer les traditions familiales. Être argentin et sportif tombe sous le sens.

Son papa était footballeur professionnel. "Mais j’étais très mauvais au football. À 10 ans, je me suis tourné vers le hockey avec mon frère. J’ai vécu à Cordoba toute mon enfance. À 19 ans, j’ai traversé l’Atlantique pour atterrir à Bruxelles."

Tomi Domene rêve d’aider son pays à défendre son titre olympique aux Jeux de Tokyo. Mais, auparavant, il veut vraiment pousser l’Orée vers un titre historique.