Le CIO indique avoir "pris note" du fait que les statuts du CNO biélorusse avaient été mis à jour conformément aux critères habituels de bonne gouvernance. Des dispositions spéciales ont ainsi été expressément introduites afin de mieux protéger les droits des athlètes et préserver les sportifs de toute forme de discrimination ou pression indue ainsi que pour renforcer l'autonomie du CNO.

Cependant, le CIO se dit "extrêmement déçu de constater que le CNO n'avait pas intégralement traité le premier point mentionné dans la décision prise par la commission exécutive du CIO le 7 décembre 2020, à savoir que les précédents dirigeants du CNO du Bélarus n'avaient pas protégé comme il se devait les athlètes biélorusses contre la discrimination politique au sein du CNO, de leurs fédérations membres ou du mouvement sportif."

La commission exécutive du CIO a donc décidé de ne pas reconnaître l'élection de Viktor Loukachenko au poste de président du CNO du Bélarus ni celle de Dmitry Baskov en tant que membre du conseil exécutif du CNO, et de maintenir leur exclusion de toutes les manifestations et activités du CIO, y compris des Jeux Olympiques.

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko, son fils Viktor Loukachenko et Dmitry Baskov avaient été suspendus le 7 décembre dernier par le CIO "de toutes les manifestations et activités du CIO, y compris les Jeux Olympiques", en raison de la "discrimination politique" frappant les athlètes du pays.

L'instance olympique s'était inquiétée début octobre 2020 des multiples alertes de sportifs biélorusses, qui se disaient persécutés en raison de leurs opinions politiques dissidentes, et avait ouvert une procédure officielle le 25 novembre.

Sa commission exécutive avait conclu que "la direction actuelle du comité national olympique" du Bélarus, présidée alors par le chef d'État Alexandre Loukachenko, "n'a pas protégé de manière appropriée les athlètes" contre cette "discrimination politique". Le CIO avait aussi décidé de suspendre tous les paiements destinés au CNO du Bélarus, à l'exception des paiements en lien avec les bourses pour athlètes ainsi que ceux liés à la préparation et à la participation de la délégation biélorusse aux Jeux Olympiques.

D'autres mesures avaient été prises dans la foulée. En janvier, le Bélarus s'était vue retirer par exemple l'organisation des championnats du monde de hockey sur glace (21 mai-6 juin) dont il était le co-organisateur avec la Lettonie qui en a repris, seule, les rênes. Même sanction pour le championnat du monde de pentathlon moderne (7-13 juin).

Le 26 février, Viktor Lukashenko, 45 ans, a succédé à son père à la tête du CNO biélorusse. Une élection que ne reconnaît donc pas le CIO. Dans son communiqué, la commission exécutive du CIO souligne qu'elle "continuera à suivre de près la situation et se réserve le droit d'envisager toute autre action ou de lever l'une de ces mesures provisoires en fonction de la tournure que prendront les événements."