Contrariée par la crise sanitaire, la traditionnelle cérémonie de signature des contrats Adeps par nos sportifs de haut niveau ne s’est pas déroulée comme prévu ce jeudi. À la réunion s’est substituée une visioconférence au cours de laquelle l’Administration générale du Sport a mis l’accent sur certains points la liant aux sportifs appelés à parapher leur convention de manière individuelle dans les prochains jours. Ils sont donc 66 à bénéficier de ce fameux contrat de travail tout à fait ordinaire offrant un revenu, mais aussi un statut social.

Parmi eux, quelques habitués comme Nafi Thiam, John-John Dohmen et Charline Van Snick, pour l’athlétisme, le hockey et le judo, les trois disciplines les mieux représentées, mais aussi Jaouad Achab (taekwondo), Chloé Caulier (escalade), Alexandra Tondeur (triathlon), Armand Marchant (ski alpin) et nos meilleurs handisportifs. Tous sont engagés par l’Administration et détachés auprès de leur Fédération, troisième signataire. L’objectif de la réunion était le rappel des droits et des devoirs de toutes les parties.

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"Le contrat est signé pour un an et offre un statut avec une relation d’employeur à employé. L’Adeps met ainsi à disposition des sportifs tous ses services, par exemple d’aide à la performance avec le Caps réunissant les trois universités et d’après-carrière avec la cellule "Projet de Vie". Chaque sportif bénéficie d’une assurance en cas d’accident, de blessure, comme ce fut le cas pour notre skieur Armand Marchant…" explique Marc Xhonneux.

Comme toujours en sport, il y a revers à la médaille et le contrat liant le sportif à l’Administration entraîne certains devoirs, dont deux sont essentiels et parfois contraignants.

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Le premier touche à l’attitude, responsable et irréprochable.

"En matière de communication, nous demandons aux sportifs de nous tenir au courant, en toute transparence, de l’évolution de leur programme, de leurs choix de stages et de compétitions, de leurs blessures éventuelles. Là aussi, il s’agit d’une tripartite entre le sportif, son entraîneur et le délégué de l’Adeps qui sont amenés à se réunir pour répondre au mieux aux objectifs, aux critères, qui figurent dans le contrat et sur lesquels il y a une évaluation en fin d’année."

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Mais ce n’est pas tout. La suite touche à l’éthique en matière de maltraitance, de harcèlement, voire de racisme, un sujet hélas très à la mode ces derniers temps.

"Il y a l’aspect lié à la manipulation des compétitions, que ce soit via la falsification de résultats ou les paris. Il est interdit au sportif de parier sur son sport, directement ou par personne interposée, tout comme de communiquer des informations à des tiers pouvant conduire à une forme de délit d’initié. Généralement, nous conseillons à nos sportifs de ne pas parier, quelle que soit la discipline, pendant leur carrière. Au-delà, ils doivent enfin signaler toute tentative d’approche en vue de fausser une compétition auprès de la cellule fraude sportive de la police fédérale ou de leur fédération internationale quand la la tentative a lieu lors d’une compétition internationale."

Le deuxième devoir a, bien entendu, trait à la problématique du dopage.

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"Il s’agit d’un élément essentiel, que nous reprenons du décret de la Fédération Wallonie-Bruxelles dans le contrat, qui sera rompu en cas de fait avéré. Le plus contraignant pour le sportif est sans doute son obligation de localisation avec une plage horaire quotidienne pour se soumettre à un contrôle inopiné. Son emploi du temps est donc « surveillé »… La localisation demande une sérieuse vigilance car une erreur est vite arrivée et si elle se répète, elle peut avoir de graves conséquences. Pour rappel, trois manquements en douze mois débouchent automatiquement sur un contrôle positif."

Le règlement en la matière est strict, mais nécessaire pour lutter contre ce fléau qu’est le dopage.

Pour terminer sur une note plus positive, le contrat de sportif de haut niveau offre un accompagnement dans le choix des études et des formations en vue de son après-carrière. De quoi vraiment envisager l’avenir à court, moyen et long terme avec un maximum de sérénité.