Jaermann, Jaskula et un médecin accusent...

RENAIX Yvan Vanmol, le médecin de l'équipe Quick Step, va-t-il finir par perdre son sourire légendaire ?

Au lendemain des accusations de Pierre Herinne, l'un des principaux suspects dans l'enquête sur le dopage menée par la justice à Courtrai, trois nouvelles personnes sont venues affirmer que le médecin est impliqué lui aussi. Il s'agit du médecin italien Flavio Alessandri, qui a collaboré en 1993 avec Vanmol, et des anciens coureurs Järmann et Jaskula. Le docteur Flavio Alessandri a travaillé six mois, en 1993, avec Yvan Vanmol au sein de l'équipe GB-MG de Johan Museeuw et Franco Ballerini, sous la direction de Patrick Lefevere.

Alessandri a rejoint en 1994 le Comité Olympique italien. Il avait déclaré à l'époque que Vanmol importait une liste interminable de produits, allant de la caféine à l'EPO, aux hormones de croissance et à la testostérone. Selon Alessandri, Vanmol traitait "véritablement tout le monde dans l'équipe". Il a déclaré à l'époque qu'il ignorait si les coureurs devaient payer pour ces produits.

Rolf Järmann, qui a couru en 1994 pour GB-MG et qui n'a jamais été impliqué au cours de sa carrière dans une affaire de dopage, a témoigné pour que le vélo cesse de vivre dans le mensonge. En 1999, il a avoué avoir utilisé de l'EPO, "comme tout le monde à l'époque". Aujourd'hui, il affirme qu'il s'agissait d'un véritable système de dopage organisé et que le Dr Vanmol était impliqué dans ce système. "J'ai parlé plusieurs fois avec Vanmol à propos de l'EPO et le dopage. Il ne m'a pas obligé à me piquer, mais, bien sûr, il était au courant des pratiques. Toute l'équipe en parlait. Il n'était pas un mauvais médecin, car il montrait aussi les dangers des produits." Järmann ajoute encore que les coureurs pouvaient acheter en interne l'EPO et que l'équipe médicale avait fixé la limite de l'hématocrite à 52 ou 54.

Zenon Jaskula était coureur chez GB-MG en 1993. Il avait terminé 3e, cette année-là, du Tour de France, derrière Indurain et Rominger, s'imposant dans la difficile étape de montagne du Pla d'Adet. Jaskula bascula dès l'année suivante dans l'anonymat. "Sous Vanmol, j'ai pris de la cortisone sans avoir eu de blessure et aussi de la caféine. Cela n'a rien d'exceptionnel mais c'est interdit", précise Jaskula, qui ajoute n'avoir jamais pris de l'EPO. "Je ne dis pas que Vanmol ne l'utilisait pas, il ne m'en a juste pas donné. Je n'étais pas italien ou belge. Pour eux, Vanmol avait une préparation particulière. Il leur donnait d'autres seringues."

Wilfried Peeters, le directeur sportif des QuickStep, soutient Vanmol, qui est le médecin de sa formation. "Ce sont encore des histoires du passé. Cela n'a rien à voir avec l'équipe que nous dirigeons maintenant. Je trouve que le docteur Vanmol est toujours un homme intègre. Je suis certain que de telles affaires ne pourraient pas se passer aujourd'hui."



© La Dernière Heure 2007