Entretien avec Bob Logist, président des fédérations belge et... européenne

BRUXELLES Ce samedi soir, la ville d'Anvers va renouer avec la tradition pugilistique qui, jadis, anima le Palais des Sports. C'est, en effet, à la Lotto Arena que le champion d'Europe des poids welters, notre compatriote Osei Bonsu Jackson, mettra son titre en jeu pour la première fois, face à l'Italien Cristian De Martinis, champion intercontinental IBF. Un événement exceptionnel pour notre pays, qui n'avait plus été le théâtre d'un Championnat d'Europe depuis le 31 octobre 86, à Courtrai, lorsque Jean-Marc Renard avait conservé son titre européen des super-plume. De quoi donner le sourire à Bob Logist, le président de la RFBB (Royale Fédération belge de boxe) et, depuis le mois de février, de l'EBU (Union européenne de boxe).

Bob Logist, faut-il voir dans cette organisation prestigieuse un renouveau de la boxe en Belgique ?

"C'est, en tout cas, une vitrine exceptionnelle pour la discipline et une occasion unique pour découvrir ou faire découvrir le noble art. Et, effectivement, il existe une nouvelle dynamique au sein de nos ligues, qui se traduit notamment par un nombre d'affiliés en hausse, avec un bon millier du côté francophone et autant du côté néerlandophone. Mais je dois avouer que, si la Flandre conserve les plus grandes réunions, comme Izegem, c'est surtout dans le sud du pays que j'observe, depuis trois ou quatre ans, une multiplication des organisations, certes plus modestes. C'est très encourageant."

Le sacre européen de Jackson est heureusement arrivé au bon moment, à l'heure où Bea Diallo a cé- dé le flambeau...

"Il est vrai que Bea a apporté beaucoup à la boxe en Belgique, par le talent et par... l'image. En plus d'être un homme charmant, il a eu une très bel- le carrière et même si je regrette une dernière sortie pas franchement réussie, cela n'enlève rien à son palmarès. Quant à Jackson, avec le culot qui le caractérise, il a tracé son propre sillon et ne doit rien à personne. C'est un garçon qui n'a pas froid aux yeux et son punch a déjà surpris des adversaires très coriaces. En outre, il a un charisme certain, et c'est ce dont le milieu de la boxe a besoin."

La Communauté flamande a déjà fait appel à lui pour mener de jeunes boxeurs aux Jeux Olympiques 2012. S'agit-il d'un véritable projet sportif ou d'un bel exemple de récupération ?

"C'est sûr qu'on tente d'exploiter ses excellents résultats et de profiter de l'engouement actuel. Mais je ne suis pas persuadé qu'un bon boxeur fasse nécessairement un bon entraîneur. Il faut quand même un minimum de pédagogie..."

La formation semble enfin être devenue une priorité...

"Oui, les choses évoluent progressivement, les structures se mettent en place, même si le manque de moyens nous limite terriblement. Nous ne recevons, à ce jour, aucun subside de la Communauté française et seul le COIB intervient de temps à autre pour prendre en charge certains frais. Les ligues, qui gèrent chacune leur propre budget, ne vivent jamais que des licences, au prix de 10 euros par an, et de quelques organisations. Le peu que nous possédons, nous l'investissons aussitôt dans l'amateurisme. Nos équipes participent régulièrement à des tournois de bon niveau à l'étranger. Mais le problème est que la législation belge interdit la compétition aux jeunes de moins de 16 ans alors que, partout ail- leurs en Europe, elle est ouverte à tous à partir de 12 ans. La situation est donc loin d'être idéale !"



© La Dernière Heure 2007