À la tête de Roulers depuis 2012, le Tubizien Emile Rousseaux enchaîne les succès.

Depuis cinq saisons, le Knack Roulers a complètement renversé les forces en présence en Ligue A et réorienté l’épicentre du volley en Flandre Occidentale. Certes, les Roulariens avaient déjà connu le succès (cinq titres) avant 2012 mais ne disposaient pas encore à l’époque de la carte de visite de Maaseik (14 titres depuis 1991), l’ogre de l’époque. Quadruple champion de Belgique en titre, le Knack reste le grand favori à sa succession mais veut d’abord conserver la Coupe de Belgique ce dimanche dans le Clasico du volley belge. Ce succès, Roulers le doit à sa politique entreprise en 2012 amorcée avec l’arrivée d’Emile Rousseaux, pour qui c’était la deuxième expérience de ce genre après Guibertin. Ce fils d’agriculteur tubizien, en perpétuelle remise en question, s’est imposé dans un univers presqu’exclusivement flamand (il est devenu bilingue), relevant le défi : renouer avec le succès avec moins de moyens.

Un francophone à la tête du meilleur club belge actuel, c’est plutôt étonnant… Comment est-ce arrivé ?

"Au départ, je n’étais pas très intéressé. C’est ma femme et ma fille (NdlR : Helène, internationale) qui m’ont poussé en me disant que j’avais les qualités et que je réussirai. Moi, je suis plutôt un enseignant et j’aime enseigner. J’aime les relations avec les joueurs, les guider dans le processus d’entraînement."

Comment parvient-on à s’imposer de la sorte ?

"Quand je suis arrivé ici, la situation était très tendue. La situation du club (paiement, logement, structure…) était impeccable sauf l’aspect sportif. On a mis en place un projet de reconstruction avec moins de moyen et donc avec des joueurs belges et si possible de Flandre occidentale. En tant qu’entraîneur à l’école de volley de la fédération flamande, je suis alors venu avec des jeunes que je connaissais bien pour les avoir vu aussi en équipe nationale lorsque j’étais assistant de Claudio Gerwehr. Avant cela, personne n’avait autant osé parier sur le caractère belge d’une équipe. La sauce a très bien pris rapidement. Au départ, on m’avait donné deux ans pour atteindre la finale des playoffs. La première année, on réussissait le doublé et on raflait des prix individuels pour moi, mon fils comme rookie, mon libéro et le meilleur joueur de l’année. C’était une année fantastique."

Vous n’avez jamais douté ?

"J’ai toujours été confiant quant à mes qualités d’entraîneur de réaliser ce job mais les résultats sont conditionnés à une myriade de facteurs. Si votre meilleur joueur mange la mauvaise pizza la veille, sa mauvaise performance n’est pas due à votre boulot. On a réalisé des choses exceptionnelles mais on n’est jamais à l’abri d’une contre-performance."

La saison prochaine, vous passerez le flambeau à votre assistant. Pour quel nouveau défi ?

"Ma prochaine destination n’est pas encore d’actualité. Je suis toujours enseignant (NdlR : Odysse Parnas de Dilbeek) et je veux garder cette partie de ma vie professionnelle qui me permet de garder une certaine liberté intellectuelle ou encore d’avoir une porte de sortie. J’ai la chance de travailler avec des enseignants de tout horizon comme Rudi Diels notamment. On s’alimente chacun. J’en suis à mon troisième, et donc dernier, cycle de deux ans au Schiervelde. Pourtant, le club m’a proposé une plus longue durée mais je ne veux pas. J’ai constamment besoin d’avoir un processus de renouvellement intellectuel, de ne pas voir la routine trop s’installer ou d’avoir le sentiment du déjà vu."

Avec l’enseignement, une aventure à l’étranger semble donc difficile ?

"Ce n’est pas impossible si maintenant, toutes les conditions sont réunies. La seule certitude est que je ne veux pas lâcher l’enseignement."