La présence de public lors des compétitions étant interdite, le monde du sport est à nouveau touché de plein fouet par les mesures édictées pour diminuer le nombre de contaminations et alléger la pression sur les soins de santé. Et à cet égard, certaines fédérations s’en sortent mieux que d’autres, les plus modestes se retrouvant à nouveau complètement à l’arrêt faute de pouvoir compter sur des revenus liés à la billetterie.

"Aujourd’hui, je suis fâché !" lance Marco Giuliani, le président de la Ligue francophone de boxe. "Cette décision engendre à nouveau une vague de démotivation auprès de nos membres, c’est une catastrophe pour une petite fédération comme la nôtre. Les gens ne viennent plus à la salle, ils en ont marre ! Nous avions déjà perdu 45 % de nos affiliés depuis le début de la pandémie mais je crains que la désaffection continue à s’accentuer dans les circonstances actuelles. Quelles sont les perspectives que l’on peut encore offrir à nos affiliés ? Il n’y en a pas. Vous savez, on a beaucoup parlé de la culture ces derniers jours mais la situation du sport n’est vraiment pas plus enviable. Au contraire ! Le monde politique doit en prendre conscience."

Pour Marco Giuliani, il est irréaliste de penser que les organisateurs continueront à proposer des réunions dans les semaines à venir alors que la saison devrait battre son plein actuellement et que ce sont les annulations qui se sont succédé les unes aux autres depuis le début du mois.

"Une réunion a été maintenue à Herstal le 11 décembre dernier mais plus personne ne va prendre le risque financier d’organiser à perte", reprend le président de la LFB. "La situation n’est pas tenable. Il faut de toute façon l'approbation des pouvoirs locaux. Et puis la boxe sans public, ce n’est plus tout à fait la boxe. On nous dit, par ailleurs, que les boxeurs peuvent continuer à s’entraîner. C’est vrai, mais qui va le faire en l’absence de toute perspective de pouvoir disputer un combat ? Il est impossible aujourd’hui de faire des prévisions à long terme. Or sans compétition, nous sommes morts !"

Un recours annoncé

Le dirigeant francophone de la boxe parle de tout un milieu "déboussolé", en proie à une démotivation généralisée et qui a l’impression d’être revenu en arrière, au début de la pandémie, lorsque tout le secteur des sports de combat fut à l’arrêt pour un très long moment, étant le dernier autorisé à reprendre. "Il faut garantir un minimum d’activité à nos pratiquants", plaide encore Marco Giuliani, qui espère aussi que les contacts avec le cabinet de la Ministre des Sports Valérie Glatigny porteront leurs fruits. Afin de sauver ce qui peut encore l’être... "En tout état de cause, nous avons d'ores et déjà décidé d'introduire un recours face à l'inéquité de certaines décisions et les fédérations souhaitant nous rejoindre sont invitées à se manifester..."