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Des jeux de lumière, une sono d'enfer, un hymne... la BeNeLeague de handball a joué les apparences tout au long du week-end à la Lotto Arena d'Anvers. Mais derrière ce costume d'apparat se cache un amateurisme indigne d'une telle compétition. Dont Visé fut la principale victime.


Un amateurisme contre lequel Visé a protesté officiellement en refusant de participer à la cérémonie protocolaire et d'aller chercher sa médaille. “Vous nous avez clairement désavantagé en nous obligeant à jouer alors qu'une partie de l'équipe était en Coupe d'Europe”, a dit le capitaine Yves Vancosen. “Vos médailles, gardez-les. Et notre action n'est pas dirigée contre Bocholt, qui mérite sa victoire.”

Le Néerlandais Gio Antonioli, président de la BeNeLeague, est le premier à le reconnaître: la BeNeLeague a foiré. Nous l'avons interrogé sur quatre points.

  • Le premier a bien entendu trait à la programmation de ce tour final en même temps qu'un quart de finale de Coupe d'Europe. "Une énorme erreur de notre part. Nous avons agi comme des amateurs", admet-il. "Notre seule excuse est que nous avons soumis notre calendrier aux clubs en début de saison et que, à l'époque, pas un seul n'a soulevé le problème. Mais cela n'enlève rien à notre responsabilité. Nous allons maintenant tenter d'indemniser Visé au mieux." Une somme de 2.000 euros a été proposée, ce qui semble fort peu au regard du préjudice financier et moral subi.
  • Autre incongruité: vendredi soir, à 21h50, Korneel Douven a reçu un message disant que la demi-finale de Visé était retardée d'une demi-heure, de 16h à 16h30. "Parce qu'il y avait une activité pour les jeunes entre les deux demi-finales", dit Antonioli. Ne pouvait-on pas prévoir cette activité plus tôt?
  • Autre point sensible: l'assistance. Moins de 1.000 personnes chaque jour, sachant que les clubs étaient obligés d'acheter chacun 300 places à 10 euros. Ce qui signifie que la BeNeLeague, en tant qu'organisation, n'a attiré personne dans ce que l'échevin des Sports de la ville d'Anvers appelle "la capitale sportive de la Flandre".
  • Et cela nous amène au quatrième point, linguistique. Le règlement de la BeNeLeague prévoit que les réunions se font en anglais. Or, dans les faits, elles ont lieu en néerlandais. Ce fut encore le cas des deux réunions techniques d'avant match, samedi et dimanche. René Roufosse, le délégué visétois, a d'ailleurs répondu aux questions... en français. A Visé, on ne le cache pas: "On nous prend pour du stron (du caca, en Wallon, ndlr)." Sentiment encore renforcé par le fait que, lors de la cérémonie protocolaire, on n'ait pas eu droit à un mot en français! Même pas “Merci d'être venu et bon retour.”

Antonioli nie tout relent communautaire: "Visé a prouvé qu'il avait sa place au plus haut niveau et nous ne le méprisons pas", dit-il. "Les réunions ont lieu en néerlandais mais, à chaque fois, Piet Moons traduit pour les Visétois (le président de la fédération est actuellement absent pour maladie, ndlr). Mais nous devons mieux communiquer: je vais me rendre personnellement à Visé pour rencontrer les dirigeants."

Il est en effet plus que temps. Parce que l'année prochaine, il y aura peut-être un deuxième club francophone en BeNeLeague (Tournai). Et parce que ce sont les efforts de dirigeants comme Arthur Hoge pour attirer des joueurs qui font en sorte que la BeNeLeague est palpitante.