Les gymnastes de l'équipe de Belgique féminine, la Team Belgym, qui s'entraînent actuellement à Gand regrettent l'image négative actuelle de la gymnastique et de leur équipe, après les témoignages d'anciennes gymnastes sur des comportements abusifs dont elles ont été victimes. Au travers d'une lettre ouverte rendue publique samedi, elles expriment leurs craintes de ne plus pouvoir poursuivre leurs préparatifs olympiques en vue des Jeux de Tokyo cet été dans la paix et la sérénité. "Nous respectons les témoignages des ex-gymnastes, mais nos expériences sont différentes et pour cela nous demandons le respect." Au cours de l'été de l'année dernière, plusieurs (ex-)gymnastes ont témoigné d'abus psychologiques au cours de leur carrière alors qu'elles fréquentaient la "Topsportschool" de Gand. Yves Kieffer et Marjorie Heuls, les deux coachs français engagés par GymFed, la fédération flamande de gymnastique, et à ce titre en charge des élites belges à Gand, ont été critiqués. Kieffer et Heuls avaient répondu à l'époque qu'ils avaient "la conscience tranquille".

"Tous les témoignages des ex-gymnastes sur des comportements abusifs, ça a été un énorme choc mental pour nous", écrivent les gymnastes du Team Belgym. "Nous avons d'abord pensé que cela n'avait rien à voir avec nous, que cela appartenait au passé, mais cela a quand même eu un grand impact sur nous. Surtout parce que nous avons lu tellement de choses sur nous dans les médias et les médias sociaux qui n'étaient pas vraies."

"Pendant huit mois, nous avons gardé le silence. Nous voulions garder toute notre énergie pour notre préparation en vue des Jeux Olympiques et nous protéger de toute la négativité. Pendant huit mois, nous avons gardé le silence car nous avions toute confiance dans la commission d'éthique indépendante qui enquêtait. Jusqu'à présent, nous étions convaincues que tout se passerait bien pour nous et nos entraîneurs et que nous pourrions poursuivre notre préparation olympique dans la paix et la sérénité. Après les derniers articles dans les médias, la campagne de haine sur les médias sociaux et les discussions au Parlement flamand, nous n'avons plus ce sentiment. L'opinion publique est très négative au sujet de la gymnastique, les jugements sont déjà prononcés et même les politiciens sont influencés par cela. Nous ne pouvons donc plus rester silencieuses."

Les gymnastes disent en avoir assez d'être "constamment hantées par un sentiment d'injustice". Elles sont fatiguées d'entendre "que les ex-gymnastes font cela pour nous aider alors qu'elles ne font que nous créer des problèmes et rendre notre parcours olympique encore plus difficile" et "que rien n'a changé au cours des 10 dernières années alors que c'est totalement faux". Les gymnastes disent qu'elles doivent s'entraîner avec un stress constant et une négativité. "Chaque jour, nous nous demandons si nos entraîneurs peuvent encore nous guider jusqu'aux Jeux Olympiques".

La lettre a été signée par Nina Derwael, bien qu'il soit souligné que la double championne du monde aux barres asymétriques n'était pas à la base de l'initiative. Les noms de Maellyse Brassart, Fien Enghels, Margaux Daveloose, Noémie Louon, Lisa Vaelen, Kéziah Langendock, Jutta Verkest et Charlotte Beydts, gymnastes qui peuvent toutes participer aux Jeux Olympiques de Tokyo, figurent également au bas de la lettre ouverte. Julie Vandamme, Jade Vansteenkiste et Margaux Dandois, qui s'entraînent avec l'équipe olympique mais ne suivent pas le parcours olympique, soutiennent également l'initiative.