Abrités dans une yourte, nous goûtons au fameux lait de yak...

ENVOYÉ SPÉCIAL EN CHINE PHILIPPE JANSSENS


Notre module JO 2008

DACHECHANG Dans leurs costumes traditionnels vivement colorés, ils sont une cinquantaine de cavaliers mongols à nous accueillir. À peine le temps de sortir de notre véhicule et déjà, ils se ruent sur nous pour nous souhaiter la bienvenue. Le patriarche s'avan- ce et nous enroule une écharpe en étoffe bleue autour du cou avant de nous étreindre virilement. Cette fois, c'est certain : nous n'échapperons pas au tour à cheval ! Chez les descendants du grand Gengis Khan, on ne badine pas avec le rituel !

Avant même de nous en rendre compte, nous sommes hissés sur une selle et nous voilà partis, au grand galop, au milieu d'une horde sauvage et colorée. Les cris de nos partenaires de cavalcades nous assourdissent, tandis que nous essayons de rester en selle sur ce cheval lancé au grand galop, vi- siblement trop content de se dégourdir les jambes... "C'est toujours comme cela, en Mongolie", nous glisse Wei Ching, notre accompagnateur qui, lui, a réussi à échapper à la balade. "Ils sont tellement heureux de vous faire partager leur passion pour les chevaux..."

Hilares, les policiers, venus en nombre sur cette première arrivée en Mongolie, restent à distance respectable pour canaliser les spectateurs qui commencent à recouvrir entièrement la gigantesque dune servant de tribune naturelle. Après avoir remis pied à terre, nous sommes accaparés par la télé chinoise régionale qui nous entraîne sous une yourte, une tente traditionnelle mongole faite de peaux. Les questions sont multiples, variées et naïves. "Vous êtes les premiers européens que nous voyons depuis que nous sommes nés", souligne la journaliste, visiblement émue... "Tout le monde est tellement heureux de vous accueillir, ici, en Mongolie."

Nous n'échapperons pas non plus au bol de lait de yak, aigre à souhaits et qui nous arrache une grimace qui fait visiblement plaisir à nos hôtes. À l'extérieur, un chahut énorme annonce l'arrivée des premiers motards. Des milliers de personnes dressées, les pieds dans le sable, sur leur tribune de fortune, accueillent les concurrents. Tous les cavaliers mongols veulent se faire photographier, mais avec leur cheval. Cela tourne à l'émeute. La police ne sourit plus... Coups de sifflets et de matraques. L'enthousiasme retombe aussi vite...



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