Traversée de l'Atlantique Nord : le Français améliore le record de l'Américain

PARIS Bruno Peyron et son équipage ont battu jeudi avec leur maxi-catamaran Orange II le record de la traversée de l'océan Atlantique Nord, entre New York et le Cap Lizard, à 21 h 24. Le Français a couvert la distance de 2.925 milles théoriques dans le temps officiel de 4 j, 8 h, 23 min et 54 s, soit une moyenne de 28,02 noeuds. Il laisse le précédent record détenu de l'Américain Steve Fossett en 4 j, 17 h, 28 min, 6 s sur PlayStation , réalisé en octobre 2001, à 9 h, 4 min et 12 s.

"C'est une joie profonde ", a déclaré Bruno Peyron, âgé de 50 ans, juste après le passage de la ligne. "Sur les visages, je vois un peu de fatigue mais c'est un petit peu normal dans ce genre de record, il faut vivre l'instant présent à fond. Il faut le faire avec la manière et pas forcément de la compétence. C'est mon premier record de l'Atlantique en équipage, j'en avais eu deux en solitaire. Encore une fois, cela s'est bien passé. C'est comme d'habitude avec ce groupe. Le bateau est blessé mais nous avons réussi à le ramener au bout. C'est un morceau de glaçon mais cela nous a ressoudés".

Avec un départ de rêve, sur le devant d'une bonne dépression venue des Antilles (de l'air chaud) qui a poussé Orange II à la puissance recherchée avec un bon angle par rapport à l'axe du bateau, le skipper angevin était bien parti pour battre ce record contre lequel il avait échoué en 2004 pour 31 minutes. La preuve, le record des 24 heures, que Bruno Peyron détenait depuis 2004, était porté à 765 milles (soit 31,87 noeuds) le lundi, c'est-à-dire dans les 36 premières heures de navigation. Seule ombre à ce tableau : le brouillard qui a constamment enveloppé Orange II à partir de l'entrée sur les bancs de Terre-Neuve. Mais l'avarie du safran tribord, consécutive à un choc dans la nuit de lundi à mardi, venait tout compliquer. Elle est survenue sournoisement et l'équipage en dehors du bruit n'a eu aucune idée de ce qui avait été heurté. Et à peine arrivé à la moitié du parcours, le phénomène de délaminage du safran était en route. Peyron a alors choisi l'option de le faire travailler en contrainte pour ne pas aggraver l'avarie. La dernière journée a été délicate avec un empannage en début d'après-midi pour se recaler un peu plus dans le Nord et un nouveau, trois heures après, pour se replacer dans le cap de la route directe de la pointe de Lizard après un ultime empannage. Et le record était au bout.

Peyron enregistre ainsi un nouveau succès après son troisième record du tour du monde en équipage, le fameux Trophée Jules-Verne, sur Orange II , en 50 j, 16 h, 20 min et 4 s de navigation, réussi le 16 mars 2005. "Ce n'est pas la même histoire que le Jules Verne qui est une course de fond, là on arrive de New York, on est parti hier on arrive aujourd'hui, c'est un sprint" , a analysé Peyron.



© La Dernière Heure 2006