La longue période Covid n’a pas eu raison des ambitions et du calme légendaire de Francesco Patera. Ce samedi, à Herstal, il remonte sur le ring pour un championnat WBO Global des poids légers face à l’Espagnol Samuel Molina (23).

Pour Patera, l’enjeu est cependant bien plus important que ce titre symbolique. Le Limbourgeois sait que s’il l’emporte, il effectuera un pas de plus vers le Mondial. Ce qu’il ne sait pas encore, c’est s’il y aura droit tout de suite ou s’il devra encore disputer un combat intermédiaire.

"C’est vrai que cette situation est parfois un peu frustrante", dit son frère et entraîneur, Bagio. "Francesco a 28 ans, il a déjà été cinq fois champion d’Europe et il doit toujours faire ses preuves. Mais nous préférons voir cela comme une chance. Grâce à notre team, il a pu boxer en Italie et en Angleterre. Le jour où ce championnat du monde s’offrira à lui, il sera prêt à 100 %."

C’est avec le même optimisme qu’il a traversé la situation sanitaire compliquée que nous avons connue. "Il a eu un coup au moral lorsqu’il a été testé positif douze jours avant son combat contre Boschiero mais il s’est vite remis au travail et, quand il est remonté sur le ring, il l’a emporté en trois rounds. Même pendant le confinement, quand on ne pouvait pas aller à la salle, il ne s’est pas passé un jour sans qu’il n’aille courir. Francesco ne parle pas beaucoup, il utilise son énergie sur le ring et il est terriblement concentré. C’est ce qui fait sa force."

Pas question non plus de considérer Molina comme un simple faire-valoir. "Il a 19 victoires en 20 combats et il frappe fort, ce sera sans doute un jour un très bon boxeur. Mais Francesco est plus expérimenté, plus rapide et meilleur techniquement : il doit l’emporter. Parce qu’il est déjà très complet. Il peut juste encore apprendre à frapper plus précisément mais il a déjà beaucoup évolué à ce niveau."

Patera avait 13 ans lorsque son frère, de treize ans son aîné, l’a emmené pour la première fois à Cheratte. "Deux ans plus tard, lorsqu’il a commencé à remporter des titres de champion de Belgique, j’ai compris qu’il avait l’étoffe d’un champion. Le team nous a fait confiance et m’a aussi permis d’évoluer comme entraîneur en me faisant voyager avec d’autres boxeurs. Moi aussi, je suis prêt."

À l’affiche ce samedi, on notera encore un championnat IBF Youth de Quentin Gomes face au Tanzanien Alex Kachelewa.