Un volte-face qui "passe mal", a commenté Jonas Gerckens. Le skipper liégeois a fait de cette épreuve un objectif avec Sophie Faguet, une Normande naturalisée belge, pour composer l'équipage belge des Red Dolphins dans la course au large.
 
Une décision définitive doit être prise le 8 juin, mais la tendance n'est certainement pas à l'optimisme. "Si cette décision se confirme, elle passerait mal. C'est un manque évident de modernité, d'analyse, de vision qui, en dehors de mon projet personnel, sera, à mon avis, préjudiciable pour la Voile Olympique en général", a confié Jonas Gerckens sur les réseaux sociaux.

Une course au large de deux à trois jours en double depuis Marseille vers la Corse ou le long du littoral méditerranéen, selon la météo, en double mixte sur un monotype de 30 pieds aurait dû avoir lieu, mais un courrier du CIO, le Comité International Olympique, à Quanhai Li, le président chinois de World Sailing, fraichement élu, mais réfractaire au projet, laisse entendre tout le contraire, arguant notamment des raisons de sécurité liées à des "actes de piraterie" en mer.

"Si la complexité d'organiser une telle épreuve pose problème au CIO, je leur propose de se rapprocher des Classe MINIi, Class40, Classe Figaro Bénéteau, pour ne citer qu'eux, qui organisent, depuis des dizaines d'années, des courses au large en double avec succès", a argumenté Jonas Gerckens. "Pour rappel également: deux championnats d'Europe EUROSAF double mixte offshore ont déjà été organisés en 2019 et 2020. Ce même championnat d'Europe a été confirmé officiellement par Nostra Rosa Tour le 4 mars dernier ainsi que le premier Championnat du Monde World Sailing de la discipline en septembre prochain". Un championnat du monde qui aurait déjà dû avoir lieu en 2020 mais a été reporté par la crise sanitaire. Ensemble, Jonas Gerckens et Sophie Faguet ont décroché la médaille d'argent du championnat européen de course au large en double mixte à Venise en 2019 et à Gênes l'an dernier.

"Comme dans n'importe quel défi, tant que la ligne d'arrivée n'est pas passée, on doit toujours y croire. En éternel optimiste, je pense encore que la raison peut l'emporter", a encore espéré Jonas Gerckens.
La fédération francophone de voile a lancé une pétition pour tenter de sauver l'épreuve, même si elle se dit très pessimiste. "C'est avec un gout amer que nous venons d'apprendre qu'il n'y aura sans doute pas de course au large en double mixte aux Jeux Olympiques de 2024. La course au large devait être une épreuve phare et novatrice, à Marseille", a commenté la FFYB. "Maintenant, les fédérations sportives sont face à un mur et 6 semaines pour présenter au CIO une alternative à la course au large ! Mais présenter une alternative, c'est baisser les bras, s'avouer vaincu. C'est pourquoi la FFYB fera bloc et ne présentera pas d'alternative", peut-on lire dans le communiqué.

La FFYB s'est dite "déçue, abasourdie et en colère face à cet ultimatum". De plus, "les raisons de ce volte-face qui menace la course au large sont complétement farfelues ; ils ont peur pour la sécurité des participants, des attaques de pirates, de coûts de production télévisée et de la complexité de mettre en avant notre sport. Le nouveau président de World Sailing, Li Quanhay, ne serait-il pas antivoile?", se demande encore la fédération francophone de voile qui a décidé de lancer une pétition. "La Fédération ne s'avoue pas vaincue et va rallier d'autres fédérations pour faire entendre leurs voix".