Pourquoi le rugby, c'est (beaucoup) mieux que le foot

Dans moins de deux heures, sera donné le coup d'envoi de la première demi-finale de la coupe du monde de rugby : Afrique du Sud - Nouvelle Zélande s'annonce d'ores et déjà comme la plus belle affiche d'une compétition qui devrait rassembler jusqu'à 4 milliards de téléspectateurs dans le monde.

Mathieu Ladevèze
Pourquoi le rugby, c'est (beaucoup) mieux que le foot
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Dans moins de deux heures, sera donné le coup d'envoi de la première demi-finale de la coupe du monde de rugby : Afrique du Sud - Nouvelle Zélande s'annonce d'ores et déjà comme la plus belle affiche d'une compétition qui devrait rassembler jusqu'à 4 milliards de téléspectateurs dans le monde. L'occasion de découvrir quelques belles qualités d'un sport méconnu en Belgique (13.000 licenciés seulement), pourtant bien plus agréable à regarder que... le foot !

1 Parce qu'il n'y jamais de score vierge

Au foot, vous pouvez avoir les plus grandes stars sur un terrain ne voir aucun but. PSG-Real, mercredi dernier, en est le meilleur exemple. Statistiquement, le championnat français est d'ailleurs prolifique en scores vierges. Sur les trois dernières saisons, 92 matchs se sont conclus sur un score vierge, soit un 0-0 tous les 12,4 matches. Le pire championnat d'Europe est italien : 101 matchs nuls, soit tous les 11,3 matchs. En Liga aussi, les matches nuls foisonnent 90 sur ces trois dernières saisons. En rugby, par contre, le dernier 0-0 d'un match de rang remonte au… 18 février 1861 ! La France y affrontait l'Afrique du Sud au state olympique Yves-du-Manoir, à Colombes (Paris). Nul doute qu'aujourd'hui, un France - Afrique du Sud se concluerait sur un tout autre score, largement en faveur des joueurs de l'hémisphère sud bien évidemment. Notez que les matchs nuls sont aussi très rares.

2 Parce qu'on ne joue pas en marchant

Au foot, les matches sont parfois pliés dès la 50e minute. Oubliez le suspense, que vive la passe à dix, les relances au gardien, le jeu latéral, etc. : le fameux "tip-tap-toup" décrit par Marcel Desailly lorsque l'équipe de France était au sommet de son art (il y a bien longtemps...). Au rugby, cette passivité est tout simplement impossible. D'une part parce que ce sport ne se joue qu'en avançant (ou en reculant, selon la qualité de la défense de l'adversaire). Impossible de jouer à la passe à dix dans sa partie de terrain en attendant que l'adversaire prenne la peine de presser un peu. La sanction serait immédiate : ballon perdu et essai à coup sûr ! D'autre part, même si les All Blacks mettent 60 pions aux Français, ils continueront à vouloir en mettre 20 de plus. En face, l'équipe adverse mettra toujours un point d'honneur à marquer un essai, à se battre jusqu'au bout. Enfin, le rugby moderne favorisent la vitalité du jeu et le suspense jusqu'à la dernière seconde via le système des points de bonus offensifs et défensifs. En clair, l'équipe qui marque au moins quatre essais gagne un point en plus des 4 acquis par la victoire. A l'inverse, l'équipe qui s'incline par 7 points ou moins aura aussi droit à un point.

3 Parce qu'on ne simule (presque) jamais

Savoureuse anecdote, survenue lors du match de poule opposant l'Afrique du Sud et l'Ecosse, le samedi 3 octobre dernier. L'arrière écossais Stuart Hogg s'est fait mouché par l'arbitre gallois Niguel Owen pour... simulation. "Si vraiment vous voulez plonger comme ça, revenez dans deux semaines. Mais pas aujourd'hui ! Je vous ai à l'œil", a lancé l'arbitre au joueur, alors qu'il gémissait au sol après avoir pris une très légère charge d'un Sud-Africain lors de la réception d'un ballon haut. Pour la petite histoire, le match se jouait sur la pelouse du St James' Park, le stade du club de foot de Newcastle. Les simulation existent donc au rugby. Mais elles sont très rares. Le rugby est un sport de combat où l'on apprend à aller au charbon dès le plus jeune âge. Ou la pression sur l'adversaire doit être permanente pour espérer la victoire. Au foot, la simulation semble être devenue la norme, l'art du plongeon un art. Que ce soit dans la surface pour obtenir un penalty ou à l'occasion d'un affrontement un peu 'viril' entre deux joueurs, tous les grands joueurs ont déjà été pris en faute : Christiano Ronadlo, Rivaldo, Néné, Luis Suarez… A croire que l'art de tromper l'arbitre s'apprend dès les premiers entraînements.

4 Parce que sur le terrain, le patron c'est l'arbitre

Combien de fois n'a-t-on pas vu un joueur - quelque soit son talent - agresser verbalement un arbitre, suivi des ses coéquipiers surexcités. Dans les plus grands championnats comme dans les plus petites divisions, les arbitres de foot sont régulièrement l'objet d'agressions verbales, parfois physiques. Certains en perdent la vie. Non contents de tenter de le berner par leurs simulations, les joueurs et parfois leur entraîneurs hésitent rarement à invectiver l'arbitre pour dénoncer une faute non sifflée ou l'attitude d'un joueur adverse. Au rugby, ce genre d'attitude n'existe pas. L'arbitre est autrement plus respecté. Lors d'un coup bas ou d'un plaquage dangereux, il convoque les deux capitaines ainsi que le joueur incriminé, distille sa sentence sans susciter le moindre commentaire des joueurs. Un mauvais geste non aperçu par l'arbitre peut mettre être sanctionné le lendemain du match ! Avouons-le, l'arbitre de rugby est aussi mieux loti. Déjà, ses deux arbitres de touche peuvent intervenir à la moindre occasion. Ensuite, sur une phase litigieuse, il bénéficie d'un replay vidéo à la demande, visible par l'ensemble du stade et des téléspectateurs. La décision est commentée par l'arbitre de terrain et le quatrième arbitre installé derrière ses écrans. Mieux, ses réflexions, commentaires et décisions sont audibles par les téléspectateurs grâce à un micro-cravate. Difficile de faire plus transparent !

5 Parce que dans les tribunes, c'est la fête

Un clasico Anderlecht-Standard, c'est plus de 250 policiers sur le qui-vive, un trajet préétabli bien à l'avance pour le transport des supporters, un parking grillagé et sécurisé, une entrée protégée… Seul objectif : éviter tout contact entre les supporters de chaque équipe. Dans le stade aussi, le contact est prohibé. Il n'empêche pas les insultes, chants haineux et autres banderoles dédaigneuses. Cette agressivité se retrouve aussi chez le dimanche, chez les jeunes ou dans les catégories inférieures. Les récits de bagarre générale entre parents, supporters et joueurs sont légion. Ils ne concernent fort heureusement pas l'ensemble des supporters d'un club mais elle donne au football l'image d'un sport peu familial. Au rugby, c'est tout le contraire. Lors cette Coupe du Monde, il n'est pas rare de voir des supporters de chaque équipe côte à côte dans les tribunes sans qu'il n'y ait jamais le moindre problème. Les sifflets envers l'équipe adverses son rarissimes (à part les Français…). Mieux, lorsqu'un joueur tente une pénalité, certains stades plongent dans un silence total afin qu'il puisse se concentrer. En fait, les seuls chants que l'on entend, ce sont les hymnes nationaux. Ou le haka des All Blacks !

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