Qui l’eût cru, il y a quelques semaines encore. Samedi, à Paris, le pays de Galles peut décrocher le 13e Grand Chelem de son histoire. Dans la foulée de la déception de la demi-finale du Mondial perdue face aux Boks en 2019, les hommes du nouveau sélectionneur Wayne Pivac, qui a succédé à l’emblématique Warren Gatland, ont connu une année 2020 catastrophique ; le blason du XV du Poireau ayant été méchamment écorné par une série de revers. Pas facile de prendre le sillage de Gatland, qui, durant ses onze années de règne, avait trusté les lauriers (quatre victoires dans le Tournoi) et avait réussi à mettre en place un jeu équilibré et altruiste. Au point de voir le pays de Galles détrôner les All Blacks durant quelques semaines en haut du classement mondial.

Avant le début du Tournoi 2021, les Gallois restaient sur une défaite face aux Bleus en Coupe d’automne. Depuis début février, une nouvelle dynamique s’est mise en place du côté de Cardiff. Wayne Pivac avait surtout été choisi pour assurer la continuité de Gatland. La patience commence à porter ses fruits. Le technicien néo-zélandais distille un vent nouveau, un style plus joueur. Reste que Pivac n’avait guère le choix, obligé de baser sa sélection sur une génération déclinante. Cela dit, le but premier des Gallois reste de bien figurer au prochain Mondial et, si les joyeux trentenaires de la décennie Gatland s’essoufflent, de s’accrocher à un objectif à court terme, la tournée des Lions britanniques à l’été 2021. En Écosse, les Gallois ont montré beaucoup de personnalité, puis ont fait preuve de lucidité face aux Anglais à Murrayfield.

Mais les Gallois possèdent désormais une nouvelle pépite, l’ailier Louis Rees-Zammit, qui dépose l’ovale en terres promises comme il respire. Enfin, George North, qui vient déjà d’honorer, à 28 ans, sa 100e sélection, semble plus jeune que jamais. Tous les espoirs sont permis aux Gallois dans leur quête du Grand Chelem.