Lors d'une réunion, jeudi en fin de matinée, le groupe de surveillance des tests des Six nations (TOG) a "recommandé à l'unanimité le report du match France - Ecosse", a indiqué dans un communiqué le comité organisateur, qui planche maintenant sur une nouvelle date.

La veille, les organisateurs avaient maintenu le match à la date prévue, en l'absence de nouveau cas de Covid-19 dans la sélection française lors des tests réalisés lundi et mardi soirs.

Mais les derniers dépistages pratiqués mercredi ont permis de déceler un nouveau joueur contaminé, dont l'identité n'a pas été communiquée par la Fédération française de rugby (FFR).

Cela porte à seize le nombre de cas positifs avérés dans le contingent bleu depuis le début de la semaine passée: douze joueurs et quatre membres de l'encadrement, dont le sélectionneur Fabien Galthié.

La FFR a donc décidé jeudi de suspendre les entraînements et de placer "l'ensemble du groupe à l'isolement conformément au protocole sanitaire", tandis que le point presse programmé à 14h30 en visio-conférence avec joueurs et membres du staff était annulé.

Initialement, les 31 joueurs du groupe France devaient effectuer une opposition dite à "haute intensité" au centre national du rugby à Marcoussis (Yvelines), moment crucial de la préparation, qui dessine les contours du groupe de vingt-trois joueurs retenus pour le match.

Quelle date?

Démarrée comme dans un rêve, avec des succès en Italie (50-10) puis surtout en Irlande (15-13) - le premier à Dublin depuis dix ans - la campagne 2021 a viré au cauchemar depuis l'apparition de ce cluster.

Mais le XV de France, leader au classement et en quête d'un premier titre dans le Tournoi depuis 2010, a au moins évité le pire scénario: celui d'un match perdu sur tapis vert.

Fin janvier, le directeur général du Tournoi, le Français Benjamin Morel, avait affirmé que le report serait la piste "privilégiée" en cas d'impossibilité de jouer le match à la date prévue pour des raisons liées à la pandémie.

Reste à savoir quand le match pourra se dérouler. L'Ecosse a déjà signifié que jouer le 6 ou le 7 mars ne l'enchante guère dans la mesure où plusieurs de ses joueurs sont mobilisés ce week-end-là avec leurs clubs.

Deux jours après son succès en Irlande, le XV de France avait fait état de deux premiers cas mardi 16 février. L'un positif, celui d'un membre de l'encadrement technique, en l'occurrence un préparateur physique, dont l'identité n'a pas été précisée.

L'autre "suspicieux et non avéré" concernait Fabien Galthié. Après un nouveau test réalisé dans la journée, le sélectionneur était diagnostiqué positif.

Les cas se sont ensuite enchaînés en cascade avec douze joueurs infectés, dont huit titulaires. Il s'agit du capitaine et troisième ligne Charles Ollivon, du demi de mêlée Antoine Dupont, de l'arrière Brice Dulin, de l'ailier Gabin Villière, du centre Arthur Vincent, du pilier gauche Cyril Baille, du pilier droit Mohamed Haouas et du talonneur Julien Marchand.

Enquête

Chez les remplaçants, les deuxièmes lignes Romain Taofifenua et Baptiste Pesenti ainsi que le talonneur Peato Mauvaka sont aussi concernés par des tests positifs, ainsi que deux autres membres du staff, l'entraîneur des avants William Servat et le co-entraîneur de la conquête Karim Ghezal.

Comment la situation sanitaire a-t-elle pu dégénérer alors que le XV de France s'était mis dans une "bulle" depuis le début de sa préparation entamée fin janvier à Nice?

La ministre des Sports Roxana Maracineanu a demandé mercredi au président de la FFR Bernard Laporte de lancer une enquête. La ministre a également sollicité le ministère de la Santé "afin de comprendre de quelle manière la chaîne de contaminations s'est constituée" au sein du XV de France.

L'enquête devra être remise sous huit jours.

"C'est toujours difficile de savoir l'origine. On ne le sait nulle part. J'aimerais bien le savoir, pour vous dire la vérité. C'est quelque chose qui me préoccupe et je voudrais savoir réellement si quelqu'un a fauté ou pas, tout simplement", a affirmé Laporte jeudi matin au micro de France Info.