La SaintéLyon, une course pas comme les autres

Lisa Charron
La SaintéLyon, une course pas comme les autres

Ce week-end aura lieu l’une des courses les plus étranges du calendrier français

Comme son nom l’indique, la SaintéLyon est une épreuve pédestre entre les villes de Saint-Étienne et Lyon, distantes l’une de l’autre de 72 kilomètres. Sa 64e édition aura lieu samedi prochain. Elle partira du Parc des Expositions à 23h30. L’arrivée est prévue à la Halle Tony Garnier au petit matin. Généralement, les meilleurs mettent un peu plus de 5 heures pour boucler le parcours qui emprunte de larges parties du sentier de Grande randonnée (GR7) en région Rhône-Alpes.

Cette course est particulière à plus d’un titre. D’abord parce qu’à l’origine, il s’agissait d’une marche imaginée par des cyclotouristes qui voulaient garder la forme durant cette période de l’année où les intempéries font qu’on laisse souvent son vélo au garage. Ensuite parce qu’elle se déroule la nuit. Les organisateurs voulaient que ceux qui travaillent le samedi puissent tout de même y participer.

Interdiction de courir sous peine de poursuites

Le 26 janvier 1952, 15 courageux marcheurs prirent ainsi le départ de la première SaintéLyon. La consigne ? Rejoindre l’arrivée en marchant. L’esprit n’était pas véritablement celui d’une compétition; plutôt celui qui préside aux randonnées cyclotouristes avec constitution de groupes et l’adoption d’allures contrôlées (5,5 km/h maximum). Très vite, il fallut pourtant se rendre à l’évidence : les participants couraient ! Les victoires se jouaient à des moyennes au-delà de 8 km/h.

"Tout concurrent surpris à courir sera immédiatement disqualifié", précise alors un règlement qui date de 1957. En vain ? Personne ne respecte la règle. En 1970, il fut même question d’arrêter les frais, au grand dam de Michel Delore, l’un de ses plus fidèles participants (huit victoires) et également journaliste au célèbre quotidien lyonnais Le Progrès. Delore persuade alors sa direction de sponsoriser la course. Parallèlement, il entreprend de la moderniser un peu et d’octroyer plus de liberté aux concurrents. Les chronos s’envolent !

En 1976, les 5 hommes de tête finissent l’épreuve à une moyenne supérieure à 10 km/h. Un tel exploit alimente d’interminables polémiques sur qui court et qui ne court pas. Car il est évidemment impossible de surveiller tout le monde sur autant de kilomètres. Surtout dans le noir ! En 1977, les organisateurs prirent donc la décision qui s’imposait, à savoir lever l’interdiction de courir. Toutes les conditions étaient donc réunies pour faire de cette SaintéLyon, le must des épreuves de fin d’année. Ils étaient une cinquantaine de participants lors des premières éditions. Sept mille l’année passée !


En bref

  • Pour aller plus loin La SaintéLyon, 60 ans d’histoires par Benjamin Steen, Ed. Le Progrès, 2013. 
  • Infos pratiques www.saintelyon.com
  • Quatre distances au choix la SaintéLyon (72km), la SaintExpress (44km), la SaintéSprint (22 km) et la Saintétic (12 km)

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