Voici l’histoire des équipements imperméables et respirants

Pour un pays tel que le nôtre, pouvoir compter sur des matériaux permettant de courir sous la pluie sans être trempé est le bienvenu.

Igor Risbane (Zatopek Magazine)
Voici l’histoire des équipements imperméables et respirants

En Belgique, tous les coureurs à pied sont confrontés au même problème : se protéger de la pluie. Vestes, chaussures, pantalons, on trouve tout un tas d’équipements dits "imper-respirants", conçus pour bloquer la pluie et laisser passer la sueur. Cette prouesse technologique méritait bien un récit.

De tout temps, les hommes ont cherché à se protéger de la pluie. À l’époque préhistorique, on imagine qu’ils de-vaient déjà enduire de graisse les peaux de bêtes qui leur servaient d’habits pour les rendre plus étanches. À la fin du premier millénaire après J.-C., les paysans chinois trouvèrent aussi le moyen de tresser des fibres végétales si serrées les uns contre les autres qu’ils pouvaient s’en servir pour se protéger des fortes pluies en période de mousson.

D’autres peuples ont également fait preuve d’imagination. Les Inuits, par exemple, ont découvert assez tôt que des intestins séchés de baleines et de phoques avaient des propriétés très intéressantes de protection contre le froid et l’humidité. Quant aux Indiens d’Amazonie, ils utilisaient la sève d’un arbre, l’hévéa, pour en enduire leurs capes et leurs sandales afin de les rendre imperméables. Cette sève avait l’aspect d’un liquide blanchâtre qu’ils appelaient "caucho" et que nous connaissons aujourd’hui dans le monde sous le nom de "caoutchouc".

À la guerre comme à la guerre

Le succès international du caoutchouc doit beaucoup aux travaux du Français Jacques Charles (1746-1823) qui faisait partie de cette première génération de ceux qu’on appelait les "ascensionnistes" à l’époque, car ils rêvaient tous de voyager dans les airs. À la fin du XVIIIe siècle, Jacques Charles s’est intéressé à cette sève tropicale pour étanchéiser l’étoffe de soie qui devait servir à la construction de sa montgolfière. Bonne pioche !

Il conçut ainsi une membrane à la fois légère et résistante à la pluie. Son idée sera reprise plus tard par l’Anglais Samuel Peal qui incorpora de la térébenthine au mélange pour mieux imprégner les tissus et concevoir ainsi des vêtements vraiment imperméables. Une grande victoire sur les éléments !

Cela dit, ces premiers manteaux imperméables étaient vraiment très peu pratiques. Le caoutchouc qu’ils contenaient avait tendance à coller par temps chaud ou à durcir par temps froid. Il fallut attendre 1823 pour qu’un chimiste écossais du nom de Charles Macintosh eut l’idée de modifier la texture de base en lui ajoutant un dérivé du pétrole brut. Bingo ! Les manteaux retrouvaient un minimum de souplesse. On prit donc la décision d’en équiper les soldats de l’armée anglaise et donc l’invention participa à sa manière aux nombreux succès militaires remportés par les Tommies partout dans le monde.

Laissez passer la sueur !

Restait cependant un problème de taille : la transpiration. Lorsqu’on portait ces imperméables, on était protégé des intempéries, certes. Mais ils empêchaient aussi l’évacuation de la sueur qui, de ce fait, ruisselait le long du corps et imprégnait les habits. On était trempés tout de même. Il fallait donc trouver un moyen pour bloquer à la fois la pluie et laisser passer la sueur. Cette technologie dite "imper-respirante" doit beaucoup aux découvertes d’un chimiste américain à la fin des années 1960, Robert Gore, qui inventa une membrane que tout le monde connaît aujourd’hui dans les milieux du sport-nature : le Gore-Tex.

En 1976, le premier équipement à bénéficier de cette technologie fut une tente. Puis ce furent les premières vestes d'alpinisme dans les années 80. Et ensuite des chaussures. Le Gore-Tex n'est cependant pas seul dans la place. D'autres procédés existent pour étanchéifier les vêtements, dont il sera fait le détail de leurs avantages respectifs dans le prochain numéro de Zatopek qui sera mis en kiosque au début du mois de février. Pourvu qu'il pleuve !

Le saviez-vous ?

L'étude de la membrane Gore-Tex révèle que celle-ci est criblée de milliards de pores microscopiques 20 000 fois plus petits qu'une gouttelette d'eau, mais 700 fois plus grands qu'une molécule de vapeur d'eau (H2O). Cela permet de bloquer la pluie dans un sens tout en permettant l'évaporation de la sueur dans l'autre.

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