Il s'entraîne dans un congélateur sous les tropiques pour préparer un triathlon au cercle polaire

Installé depuis l'été dernier à La Réunion, Ludovic Chorgnon n'a eu d'autre choix que d'investir des congélateurs de grandes surfaces pour être untant soit peu connecté au froid face au défi qui l'attend lors du premier Ironman au cercle polaire.

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Il s'entraîne dans un congélateur sous les tropiques pour préparer un triathlon au cercle polaire
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Plus de 30°C à l'ombre des cocotiers et pourtant, Ludovic Chorgnon enfile bonnet, gants épais et doudoune. Cet accro aux défis extrêmes s'entraîne dans un congélateur géant sur l'île de La Réunion pour tenter le premier Ironman au cercle polaire, par -30°C.

Ludovic Chorgnon n'est pas un novice en matière de paris fous: en 2015, il avait aligné 41 Ironman (3,8 km de nage, 180 km de vélo, 42 km decourse à pied) en 41 jours.

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Loin d'être rassasié, il continue à défier l'impossible et envisage désormais de nager dans une eau à 0°C puis de rouler à vélo et de courir sous des températures glaciales, à Rovaniemi, en Finlande.

Installé depuis l'été dernier à La Réunion, ce quinquagénaire n'a eu d'autre choix que d'investir des congélateurs de grandes surfaces pour être untant soit peu connecté au froid.

"Je trouve ça fun de courir dans les congélos, je n'ai jamais été aussi prêt de vivre un nouveau défi, c'est comme le sapin de Noël!" s'amuse-t-il auprès de l'AFP alors qu'il se lancera dans son Ironman polaire ("Iron-cold") le 25 février, sous l'oeil attentif d'un juge de la Fédération internationale detriathlon pour une homologation.

"50 degrés dans la vue!"

"L'idée était de retravailler tous les détails: comment je m'alimente, comment je change de tenue. Dans ma préparation, je m'imagine en mode urgentiste. Il faut que je connaisse tout par coeur pour réussir le plus vite possible. Manger quand il fait très froid c'est très compliqué. Quand t'as le nez qui givre, comment te gratter, sortir le gant, etc. Tout ça je ne peux pas l'inventer le jour J", souligne le coureur de Vendôme (Loir-et-Cher).

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Au Port, il court entre 4 et 10 km tous les jours, toujours dans le même congélateur, par -23°C. Une fois la séance terminée, c'est le choc thermique. "Ca fait mal! Tu prends plus de 50 degrés dans la vue! Tu as l'impression d'avoir couru des dizaines d'heures, tu es épuisé pendant un quart d'heure et puis ça va. Le corps est un outil magnifique", glisse-t-il.

Mais son corps à lui n'est pas tout à fait comme celui de la moyenne des gens, explique le médecin qui le suit.

"D'un point de vue physiologique, il est particulier, on n'arrive pas à lui faire prendre de la masse grasse. Il engouffre à peu près 10.000 calories par jour, c'est cinq fois plus qu'un adulte normal. Les sumos par exemple prennent entre 15.000 et 20.000 calories par jour. Sa force aujourd'hui, c'est sa capacité à récupérer", commente pour l'AFP le Dr Alain Aumaréchal.

Température corporelle à 31°

Pour le médecin, le danger principal lors du défi au cercle polaire, c'est la natation et l'hypothermie qui peut en résulter. "Nager dans une eau à 0°C puis le réchauffement, c'est un problème", soulève-t-il.

"La natation, c'est de loin le plus dangereux", acquiesce Chorgnon qui nage dans un eau à 30°C dans une piscine à La Réunion. "Et aussi les transitions: sortir de l'eau, me déshabiller. Tu peux avoir très froid à vélo parce que tu as des parties immobiles comme les mains sur le guidon, ce que t'as pas en course. La course, je maîtrise et c'est vraiment mon truc".

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Chorgnon n'a pas oublié que sa température corporelle avait chuté à 31°C lors des Championnats de France en eau glacée (eau à 3°C). Il avait alors arrêté car sa limite est celle que lui fixe son médecin, qu'il écoute sans poser de question quand il lui dit "stop".

"L'idée est de ne pas m'arrêter, ne pas dormir. Le seul temps autorisé est celui de ma sécurité", insiste le sportif, qui a découvert l'Ironman il y a seulement quinze ans.

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