D'un surpoids à 309 km à 13 km/h, la trajectoire surprenante d'Aleksandr Sorokin, monstre de l'ultra-endurance

Le Lituanien Aleksandr Sorokin, monstre de l’ultra-endurance, s’est mis à courir voici quelques années… pour perdre du poids.

Anouk Ramaekers (Zatopek Magazine)
Ultra Runner Aleksandr Sorokin
©ultrarunnerAleksandrSorokin

Aleksandr Sorokin affole les chiffres dans le petit milieu de l'ultra-endurance ces derniers mois. Le Lituanien est aujourd'hui reconnu comme l'homme capable de courir 300 kilomètres à près de 13 km de moyenne. C'est cela qui lui a valu, l'été dernier, de faire tomber le mythique record du monde sur 24 heures détenu depuis 1997 par le Grec Yannis Kouros, avec 309,4 kilomètres parcourus.

Depuis, Sorokin, 40 ans, a amélioré celui du 100 km en parcourant la distance en 6h05.40 en avril dernier. En début d'année, il était aussi devenu le premier homme à descendre sous les 11 heures sur la distance de 100 miles.

Ces performances sont d'autant plus étonnantes qu'elles ont été réalisées par un bonhomme qui, quelques années auparavant, pesait une trentaine de kilos de plus ! Dans le Zatopek actuellement en kiosque, on découvre son histoire ainsi que celle d'un autre ancien obèse devenu champion de course à pied, le Corse Lambert Santinelli, recordman de la traversée du GR20.

Il pesait plus de 100 kg à 32 ans

Et dire qu'il y a dix ans, Sorokin ne savait même pas courir. "Quand j'étais jeune, je faisais du canoë-kayak, explique le recordman. À 25 ans, j'ai été victime d'une sale blessure et j'ai dû arrêter le sport."

Comme souvent, ce retour à la vie sédentaire a fait le lit d’une série de mauvaises habitudes : malbouffe, bières, tabac. À 32 ans, Sorokin dépasse le quintal et comprend qu’il doit réagir. Il se met au jogging.

"Courir pour courir, cela ne m'a pas intéressé longtemps, réalise alors le jeune Lituanien. Il me fallait un défi plus ambitieux. Par hasard, je suis tombé sur un flyer annonçant la tenue d'une course de 100 kilomètres. C'est bon. J'avais trouvé mon eldorado."

La pandémie, une opportunité

Après avoir perdu très vite une trentaine de kilos, il réalise un chrono de 8 heures 37 sur la distance. Pas mal pour un néophyte ! Ensuite, les performances s’enchaînent. En 2017, il remporte le légendaire Spartathlon. En 2019, il remporte les championnats du monde des 24 heures avec 274 kilomètres. Arrive alors la pandémie.

"Sans boulot après la fermeture du casino dans lequel j’étais croupier, j’ai eu tout le temps de m’entraîner et de parfaire ma technique de course."

La pandémie est passée. Mais Sorokin n’a pas repris son ancien boulot. Il a choisi de se consacrer à la course et s’entraîne à raison de 300 kilomètres par semaine.

En attendant de nouveaux exploits, le Lituanien savoure chaque moment de ce qu'il décrit lui-même comme une vie de rêve. D'autant que la course lui permet de renouer à l'occasion avec ses anciennes habitudes alimentaires. "En compétition, je ne me refuse rien : chips, chocolat, biscuits, bonbons et Coca-Cola."

Avec une dépense calorique évaluée à plus de 20 000 calories par jour, il ne risque pas de grossir !

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