Du 29 janvier au 5 février derniers s’est tenue la quatrième édition d’une des épreuves les plus extrêmes en matière de running. Découverte.


L’Antarctique, l’Afrique du Sud, l’Australie, les Émirats arabes unis, le Portugal, la Colombie et les États-Unis. Novo, Le Cap, Perth, Dubai, Lisbonne, Carthagène et Miami. Entre 7 destinations réparties aux quatre coins du club, un fil d’Ariane s’est déroulé du 30 janvier au 5 février pour un projet complètement fou : celui de disputer 7 marathons en 7 jours sur 7 continents différents.

47 runners (35 hommes et 12 femmes) sont venus à bout de cette incroyable odyssée qui, en plus des 295 km de course à pied, les a vus s’infuser 53 heures de vol, traverser 16 fuseaux horaires et parcourir 38.000 km, soit l’équivalent quasiment d’un tour du monde…

La quatrième édition du World Challenge Marathon a une nouvelle fois repoussé les limites. Pour la plus grande joie de son organisateur Richard Donovan. Cet Irlandais a transformé sa passion en business lucratif. Lui, l’ultra-runner qui en 2015 a avalé les 5.000 km entre San Francisco et New York baskets aux pieds, faisant de même l’année suivante en Europe entre Istanbul et Rotterdam, s’est mué en promoteur de l’extrême depuis qu’il a disputé des marathons dans les deux pôles.

Si ces autres bébés, comme l’Antarctic Ice Marathon ou le Volcano Marathon, proposent aussi de sacrées conditions, son tour du monde en marathon va encore plus loin. Les concurrents doivent d’abord se faire à une drôle d’amplitude thermique : le 30 janvier dernier, le thermomètre affichait -15 en Antarctique. 24 heures plus tard, il faisait 40 degrés de plus au Cap.

Ils doivent surtout encaisser les vols incessants effectués lors des deux premières éditions sur des lignes classiques mais qui se font désormais dans des charters spécialement dédiés.

Gary Thornton, vainqueur : "Il n’y a aucune manière de s’y préparer"

"Vous pouvez vous entraîner à courir 42 km tous les jours, sur une semaine mais vous ne pouvez pas vous entraîner aux voyages autour du monde, aux vols, au manque de sommeil, votre corps qui rejette les aliments", a expliqué Gary Thornton, vainqueur de l’épreuve dans l’Irish Times. "Tout ce que je savais, c’est que je sautais dans l’inconnu et il n’y a aucune manière de le contrôler. Il n’y a aucune manière de s’y préparer. À la fin, j’avais l’impression que mon corps se mangeait lui-même pour survivre. Courir un marathon au sortir d’un long vol comme c’est arrivé quelquefois est un problème et je pense que si vous montrez à quelqu’un notre périple, sans les marathons, il aura du mal à croire que c’est possible."

Ce professeur de 37 ans l’a pourtant fait. Magistralement en enlevant les 7 épreuves, une première, avec une moyenne de 3h12.59 et deux pointes sous les 3 heures pour celui dont le record personnel est de 2h17, une performance synonyme de minima pour les JO de Rio. Vainqueur pour la deuxième année consécutive, Becca Pizzi est, elle, passée deux fois sous les 4 heures avec une moyenne sur les 7 courses de 4h04’39. Et peut-être que cette Américaine demandera une nouvelle fois à sa fille l’autorisation de participer l’année prochaine à cet incroyable tour du monde…