Karel Sabbe est un phénomène mondial de l’ultra. Dernier rescapé de la mythique Barkley en 2019, le dentiste gantois a à nouveau marqué de son empreinte le milieu de ces épreuves d’endurance extrême en triomphant sur la Big Dog’s Backyard Ultra World Championship, record de l’épreuve au passage.

Pour rappel, le concept né de l’esprit du fantasque Lazarus Lake consiste à effectuer une boucle de 6,7 km en moins de 60 minutes. Et à repartir chaque heure pour une boucle jusqu’à ne plus pouvoir l’accomplir dans l’heure. Une vingtaine de nations, chacune avec 15 coureurs, étaient en lice depuis samedi matin.

La Belgique s’est imposée, décrochant le titre officieux de champion du monde d’ultra par élimination. Mais deux coureurs, Marijn Geerts et Karel Sabbe, restaient en lice. Finalement, c’est donc Karel Sabbe qui a émergé, bouclant le 75e tour et franchissant la barre des 500 km parcourus pendant que son comparse ne parvenait pas à rejoindre le point de départ du clan belge à la base militaire de Kasterlee.

Avant cette édition particulière que chaque nation a donc disputé depuis chez elle plutôt qu’au Tennessee, Covid oblige, le record de l’épreuve était de 68 boucles, détenu par le Suédois Johan Steene (2018).

"C’est surtout un jeu mental", glissait Marijn Geerts après la course, épuisé. "Mais je suis heureux de cette expérience."

"L'endurance seule ne suffit pas"

Karel Sabbe, par ailleurs détenteur des records de traversée sur les mythiques sentiers de randonnée que sont l’Appalachian Trail et le Pacific Crest Trail, semblait encore dans la gestion au moment du coup de sifflet pour repartir pour un possible dernier 76e tour, comme le règlement lui permettait de le faire. Ce qu’il ne fit pas finalement. "J’arrête là", glissa-t-il, encore lucide malgré plus de trois jours d’effort. "J’ai gardé un rythme régulier, pour pouvoir me reposer une douzaine de minutes entre chaque tour. Je pouvais même dormir un petit peu." (rires)

Et d'ajouter, toujours sereinement: "Ce fut très excitant de vivre cet événement et de sentir l'équipe derrière moi pour aller chercher le titre. Le fait de courir pour mon pays m'a permis de me dépasser encore plus qu'habituellement. Ce n'est pas seulement l'endurance qui fait la différence sur une telle épreuve mais aussi la capacité de venir à bout de la difficulté d'un tel concept, avec la récupération, le mental, l'assistance..."