Après les montres connectées qui font désormais (presque) tout ce qui est possible et imaginable en matière d’accompagnement sportif, voici les lunettes connectées.

Julbo, après l’avoir annoncé voici plus d’un an, a en effet lancé la commercialisation de l’Evad-1, une paire qui permet de lire à même l’un des verres vos données de course en temps réel lorsque vous faites du sport. Une innovation intéressante pour les fanas de technologie mais dont le prix - 499,95 euros, soit plus de quatre fois le prix d’une paire classique de la gamme trailrunning de la même marque - en freinera plus d’un.

Comment ça marche ?

L’un des atouts de cette innovation, c’est sa facilité d’utilisation. Une fois les lunettes appréhendées, tout coule de source et fonctionne sans couac. Un très bon point donc. Une fois allumées en plaçant son doigt cinq secondes entre les deux verres, les lunettes se connectent via bluetooth à l’application dédiée, nommée ActiveLook. Celle-ci est simple et efficace, permettant quelques réglages de base comme le positionnement des données sur le verre. C’est cette application qui permet aussi, de base, de lancer une activité. Il faut donc impérativement emporter son smartphone avec soi lors de sa sortie, sauf pour ceux qui possèdent un équipement Garmin compatible, lequel peut de lui-même prendre en charge l’application ActiveLook (qui se présente comme un type d’activité, à l’instar du trail, du vélo ou de la course à pied).

Dès qu’une activité est lancée, les données apparaissent sur l’un des verres. Il y a au total quatre écrans, dont un vide pour se concentrer sur son effort. Pour changer d’écran, il suffit de passer la main devant un des deux verres ou de cliquer sur un des boutons de sa montre si vous êtes connecté via Garmin.

Quelles fonctions ?

La technologie n’en est qu’à ses balbutiements. Le potentiel est intéressant, voire énorme, mais la première mouture, bien que très fonctionnelle et offrant une excellente visibilité à la fois des données et des éléments qui nous entourent, laisse un goût de trop peu.

Certes, les Evad-1 fournissent le temps total de durée de l’activité, la vitesse instantanée, la vitesse moyenne, la distance parcourue, le dénivelé, l’allure moyenne et la fréquence cardiaque si vous êtes équipé d’un capteur. Mais on est loin de la foule de datas et informations offertes par les montres connectées haut de gamme. Paradoxalement, le public qui craquera pour cette innovation est probablement celui qui est habitué des montres haut de gamme.

Il y a donc un risque, à prendre en compte, de ne pouvoir exploiter tout le potentiel de sa montre connectée au travers de ses lunettes. À l’avenir, il est certain que l’intégration d’indications d’itinéraires, voire de cartographie, ainsi que la programmation d’entraînement complexe serait un énorme plus.

À noter que, en pleine charge, les Evad-1 vous permettent de durer une dizaine d’heures. Cela peut varier à la hausse ou à la baisse selon la météo et la configuration, l’intensité de l’affichage pouvant s’adapter, soit manuellement soit automatiquement, selon les conditions.

Pour quelle sortie ?

Le look des lunettes nous semble plus taillé pour la pratique du VTT ou du vélo sur route. Mais, là, c’est une question de goût. Pour les avoir testées en courant comme sur deux roues, on a trouvé l’apport de cette innovation beaucoup plus intéressant lorsque nous roulions.

Pourquoi ? Car il est plus sécurisant, en roulant, de pouvoir consulter sa vitesse ou d’autres informations de données sans quitter la route et ses nombreux pièges du regard. On n’a pas ressenti ce gain en courant, même si cela pourrait être très intéressant dans le cas, par exemple, d’une tentative de record personnel sur une distance, histoire de pouvoir conserver en permanence un regard sur l’allure moyenne fixée au préalable. Par temps froid ou humide, lorsque votre montre est bien cachée sous vos vêtements, c’est aussi un avantage non négligeable que de pouvoir toujours garder un œil sur ses données.

Et les lunettes ?

On en oublierait presque l’essentiel, les lunettes. Celles-ci ne pèsent, malgré la présence d’un port micro-usb, d’une batterie, d’un écran et d’un miroir, que 35 grammes, soit un peu plus qu’une paire classique équipée des mêmes verres. Bref, l’innovation n’apporte aucune gêne à la visibilité ou sentiment d’inconfort. Défi réussi. Une fois déconnectée, la paire, dont la teinte des verres s’adapte à la luminosité, peut s’utiliser comme toute autre monture de sport de qualité, sans qu’on s’aperçoive qu’elle embarque avec elle une technologie dernier cri.