Si on ne dénombre qu’une vingtaine de clubs en Belgique et un peu plus de 250 licenciés à la fédération de canicross belge, le nombre total de canicrosseurs chez nous avoisine les 1000 personnes.

On observe de plus en plus régulièrement, sur les sentiers ou même au sein des pelotons, des coureurs qui pratiquent leur passion avec leur chien. Mais courir avec son animal de compagnie préféré ou pratiquer le canicross sont deux disciplines bien différentes.

Le canicross est un sport athlétique à part entière qui associe un coureur à pied et son chien, reliés entre eux pour effectuer le même effort physique. Il se décline en une multitude de disciplines (voir par ailleurs) et se pratique en général sur de courtes distances allant jusqu’à maximum 10 km, sauf pour le canitrail et le mushing. Le canicross a également sa fédération officielle - la FCB - qui apporte un cadre à la discipline. Il existe aussi un championnat tout au long de l’année, en plus des championnats de Belgique, d’Europe et du monde. Voici quelques mois, la Belgique avait d’ailleurs accueilli un Championnat d’Europe, à Chevetogne.


Comment commencer ?

S’ils ne sont officiellement qu’une vingtaine en Belgique, il existe cependant des clubs de cani-cross dans toutes les régions. Le plus simple est de se rapprocher du plus proche afin de bénéficier d’un encadrement. Ces structures organisent souvent des initiations, avec parfois même de la vente de matériel et des conseils pour bien commencer.

Le chien qui évolue dans un groupe apprendra bien plus vite par mimétisme. Et cela augmentera sa motivation à courir et la vôtre les jours de mauvais temps.

Si vous n’avez pas l’occasion de rejoindre un groupe, voici les ordres de base à apprendre à votre chien : GO, devant, droite, gauche, doucement, et, surtout, STOP. Ils s’apprennent à force de répétition.

Le principe est simple : répétez le mot jusqu’à ce qu’il l’intègre. Dès que le chien effectue la bonne action : récompensez-le par la voix de manière très enjouée. N’ayez pas peur de répéter le mot-clé et de paraître ridicule. Le chien doit vraiment comprendre par votre intonation qu’il a pris la bonne décision et que vous êtes content. Il ne faut pas oublier : il le fait avant tout pour vous faire plaisir.


Quels en sont les bénéfices ?

Pour l’humain, sportivement parlant, la traction du chien aide à nous dépasser et à augmenter nos capacités. Suivre le chien est très déstabilisant car le rythme change beaucoup. Et travailler à haute intensité permet de considérablement augmenter son cardio. Difficulté élevée donc mais gain rapide.

Pour le chien, cela lui permet de canaliser son énergie. C’est aussi un bon moyen de le socialiser si vous vous rendez en club. Il sera plus calme à la maison, plus équilibré et bien dans sa tête et ses pattes. Attention, les chiens de canicross sont des sportifs comme nous, et à ce titre peuvent donc aussi bénéficier de l’aide de compléments alimentaires. Leur alimentation doit donc être adaptée en fonction de leur pratique, avec des croquettes hautes en protéines. Ils doivent également passer chez l’ostéopathe tous les 6 mois pour un check-up.

Au fur et à mesure des entraînements, le binôme chien-coureur augmentera sa complicité pour arriver à terme à une forte cohésion. Cela demande cependant beaucoup de travail d’éducation pour avoir de bons résultats et un chien concentré sur sa tâche.


Quelles sont les difficultés ?

Le canicross est un sport très technique de par plusieurs aspects :

> Il demande une forte concentration : vous devez être focus sur votre binôme, sur vos pieds et le parcours. Cela demande une bonne connaissance de son chien et une bonne anticipation. Un animal qui passe peut vite se transformer en chute si on n’est pas attentif.

> Le souffle est plus difficile à gérer. Le coureur est beaucoup plus souvent dans le rouge que lors d’une sortie sans chien. La vitesse est un peu plus rapide que d’habitude alors que, en plus, il faut constamment parler au chien pour l’encourager et lui donner les indications de rythme et de direction.

> Le risque de chutes augmente. Un terrain qui paraît simple sans chien peut se révéler très technique avec une traction. Sans parler de l’effort à fournir dans les descentes pour gérer la puissance, et de la difficulté dans les passages boueux également.

> La vitesse et la trajectoire sont définies par le chien. Et ce n’est pas toujours celles que vous auriez espérées. Pas assez d’aide en montée, trop grande vitesse en descente… Le maître doit s’adapter à son chien et inversement. Cela, c’est dans la théorie car il arrive régulièrement au chien de faire la sourde oreille.



Quel matériel ?

Le canicross, sport palpitant et accessible, doit se pratiquer avec du matériel spécifique à cette discipline. Par adapté, on entend, en plus d’une tenue habituelle pour courir, un harnais de traction, un baudrier et une ligne de trait.

> LE HARNAIS DE TRACTION : il répartit la traction sur tout le dos du chien, dégage ses épaules et ne lui écrase pas la trachée. Il est très important qu’il soit ajusté à votre chien pour être efficace et confortable.

> LE BAUDRIER : il ressemble à du matériel d’escalade. Plus adapté que les ceintures vendues en animalerie, il permet d’engager tout le bassin et de ne pas avoir de pression sur les lombaires.

> LA LIGNE DE TRAIT : elle relie le chien à son maître avec un élastique qui limite les chocs des deux côtés de celle-ci.

En plus de ce matériel spécifique, le coureur doit bien sûr s’équiper comme pour le running/trail et ne pas lésiner sur les chaussures.

En effet, les chocs encaissés sont nombreux et il faut donc un bon amorti pour protéger les genoux et le dos. De plus, si le chien tracte, une accroche au sol importante est nécessaire, surtout si le terrain est gras.

On ne pense pas toujours non plus à la visibilité qui est importante pour les entraînements nocturnes. On peut donc aussi mettre des colliers lumineux, leds, gilets de visibilité pour la sécurité du binôme.

Si vous voulez pousser le vice un peu plus loin, il existe aussi des manteaux de récupération (“back on track”) ou encore des manteaux de séchage pour les chiens à poils courts…

Sachez cependant que le matériel de canicross est encore très peu accessible dans les commerces. Au besoin, il existe des sites spécialisés tels que canisportshop. Vous pourrez aussi trouver votre équipement ainsi que les conseils pro qui vont avec sur les événements canins. Un conseil n’est jamais de trop comme, par exemple, pour apprendre à ajuster le harnais. Les points principaux à vérifier sont qu’il ne passe pas sous les côtes, qu’il laisse les épaules libres de mouvement, qu’il tombe sur la pointe du sternum et qu’il arrive à la base de la queue.


Plusieurs disciplines

Le canicross englobe en réalité plusieurs disciplines, avec chacune leurs spécificités et leur terrain de jeu. Les voici.

> LE CANI-RANDO : randonnée accompagnée de son chien. Accessible à tous les types de public. L’équipement spécifique est moins indispensable mais permet néanmoins une plus grande liberté de mouvements au chien tout en offrant au maître la possibilité de garder les mains libres.

> LE CANICROSS : il s’agit de running court ou long (cani-trail) en binôme. Le chien doit impérativement être devant le maître et, si possible, tracter celui-ci.

> LE CANITRAIL : déclinaison du canicross sur des distances plus longues.

> LE DOG SURVIVAL : courses à obstacles avec chien.

> LE BIKEJORING : ici, le maître est sur un VTT tracté par le chien. Cette discipline peut se pratiquer avec un ou deux chiens. Réservé aux chiens initiés. Possible sans licence.

> LE MUSHING : se pratique sur la neige avec un traîneau ou dans le bois avec un kart. Il peut être pratiqué avec 3 chiens et plus. Le conducteur est dénommé le musher et il doit détenir une licence.

> LE DOGSCOOTER : aussi appelé trottinette. Il s’agit d’un VTT sans selle. Cela se pratique donc debout avec un ou deux chiens. Le maître aide le chien avec des mouvements de jambes au sol (kicks). Les conducteurs doivent avoir une licence car cela s’apparente au mushing.

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