Ne pas avoir de montagne a un avantage quand on aime le trail et qu’on habite en Belgique. Cela permet de pratiquer toute l’année. Le dénivelé est certes bien différent, mais nul besoin de laisser ses chaussures au placard en attendant que la neige s’efface.

Le terrain de jeu, par contre, s’adapte aux saisons. Avec un climat plus froid et plus humide, les sols secs de l’été font place à de la boue et des flaques, parsemées de feuilles mortes. Ici, pour continuer à prendre son pied, il est primordial, au-delà du confort que doivent vous apporter vos chaussures, d’opter pour une paire qui vous permettra de garder de l’adhérence et d’éviter les pièges.

Dans la jungle que constitue le marché de la chaussure running, il y en a assurément pour tous les goûts et pour tous les prix. Et chaque marque vous proposera une ou plusieurs solutions valables pour passer l’hiver.

De notre côté, nous avons retenu cinq paires qui, de par leurs caractéristiques et avec notre subjectivité de coureur, ont particulièrement retenu notre attention pour la pratique du trail durant la "mauvaise" saison en Belgique.

De quoi vous donner des idées, sans oublier qu’il n’y a que rarement des mauvaises chaussures mais que toutes les chaussures ne conviennent pas à tous les coureurs.



Speedgoat 4 (Hoka One One) : la solution confort 

© Hoka One One

Confort. Voilà le maître-mot pour qualifier les Speedgoat, l’un des modèles les plus prisés de la large gamme Hoka One One. En les regardant, personne n’en sera d’ailleurs surpris. Les Speedgoat n’échappent pas, malgré leur drop de 4 mm, au look maximaliste d’Hoka, avec une semelle construite sur le principe d’un baquet de Formule 1 au sein duquel le talon vient prendre place. Le tout réhaussé d’un bel amorti qui caractérise la marque.

Une fois aux pieds, les Speedgoat 4 sont en effet des pantoufles qu’on sent à peine. Larges, avec une surface au sol importante, elles offrent énormément de stabilité. De quoi rassurer. Et si elles peuvent apparaître lourdes au premier regard, elles ne dépassent cependant pas les 300 grammes en taille 42. Sur les portions roulantes et la durée, cet amorti peut faire le plus grand bien. Des godasses qui peuvent donc vous accompagner sur vos projets les plus longs. Elles tiennent même la route sur les passages asphaltés, mais préparez-vous à les entendre claquer sur le sol, surtout en début de vie.

Par rapport aux versions précédentes, la solidité de la chaussure a été améliorée, même si ça reste un de ses points faibles. Les crampons de la version 4 sont plus longs et permettent une bonne stabilité sur tous les types de sol. Ne ciblez cependant pas les Speedgoat s’il s’agit de gambader dans la grosse boue. Cette chaussure n’est pas taillée pour un sol lourd et glissant à l’extrême. La plus grosse qualité de cette Speedgoat 4 peut devenir son pire défaut. Dans des parties plus techniques, particulièrement en descente, la tendresse de la semelle perturbera les amateurs de modèles plus minimalistes.


XT7 (Evadict) : le meilleur rapport qualité-prix

© Decathlon

Les traileurs exigeants ont longtemps pointé les limites des chaussures de course à pied de Decathlon, qui propose désormais une gamme trail (Evadict) à côté de sa gamme route (Kiprun). Cela n’est plus le cas aujourd’hui, tant il est possible de trouver chaussures à son pied selon sa pratique et pour un rapport qualité-prix imbattable au sein de l’enseigne française. Et pas uniquement si on débute dans la discipline. C’est le cas avec la Kiprun XT7, proposée actuellement à 60 € (!), là où il est impossible de faire son marché sous la barre des 100 € ailleurs.

Certes, ce n’est pas avec ce modèle, sur le marché depuis quelque temps déjà et adopté par de nombreux traileurs, que vous embarquerez avec vous les dernières innovations. Ce n’est pas non plus la chaussure la plus aboutie ou la plus sexy. Mais elle fait plus que son job et n’a pas du tout à rougir au milieu des marques traditionnelles. Pourquoi ? Car son accroche sur terrain gras comme on peut en croiser régulièrement en cette période en Belgique est bluffante alors que la solidité, et donc la durabilité, est au rendez-vous. Sur sol pierreux et plus sec, elle fera un peu moins l’affaire. Avec son drop de 10 mm, elle n’en dégage pas moins une bonne polyvalence alors qu’il n’est pas illusoire de lui demander de vous accompagner sur des défis dépassant allégrement la distance marathon.


Peregrine 10 (Saucony) : taillée pour l’hiver belge

© Saucony

Voici une chaussure dont on pourrait croire qu’elle a été pensée pour la pratique du trail sur les sentiers bien boueux de Belgique en hiver tant elle correspond à ce qu’on attend d’une paire en nos contrées et en cette saison. La Peregrine, modèle phare de Saucony qui en est déjà à sa 10e édition, n’est pas pour rien une valeur sûre de la marque, bien que destinée à un public ne ciblant pas strictement la performance et, donc, le dynamisme.

Malgré son excellente accroche et un drop faible de 4 mm, elle offre un confort surprenant qui ravira ceux qui recherchent des godasses pouvant accueillir des pieds larges tout en ne donnant jamais l’impression que ceux-ci viennent taper le sol lors de chaque foulée. Et ce, même sur un revêtement plus dur ou lors d’un court passage sur une portion bétonnée. A contrario, cette accroche permet de passer partout ou presque, même dans les descentes les plus piégeuses que vos comparses mal chaussés sont obligés de descendre sur les fesses. De quoi accumuler les bornes avec sérénité et ne pas se sentir pris au piège d’une chaussure pensée pour une pratique trop spécifique. Car la polyvalence, à l’image de la variété des terrains que l’on croise lors d’une sortie trail en Belgique, est dans l’ADN de cette chaussure facile à adopter.

Son point faible est sans doute à chercher dans la durabilité d’un mesh certes respirant mais ayant tendance à céder en l’un ou l’autre endroit avant que la semelle ne perde en amorti.

Supertrac RC 2.0 (Scott) : dynamisme et durabilité

© Scott

Si vous êtes à la recherche d’une chaussure de trail se caractérisant par son dynamisme, un essai des Supertrac RC 2.0 peut être une excellente option. Développée à l’origine pour la pratique du skyrunning, cette paire de la marque Scott offre énormément de répondant et est très à l’aise sur les terrains techniques. Ce qui ne l’empêche pas d’afficher une bonne polyvalence et durabilité qui fait d’elle un choix à envisager au moment d’opter pour une sortie rythmée sur nos sentiers. 


Les premiers pas en sa compagnie peuvent cependant effrayer. Aux pieds, les Supertrac RC et leur drop de 8 mm peuvent apparaître comme un peu rigides lors des premières foulées, loin du sentiment de pantoufles qu’offrent d’autres chaussures plus accessibles. Un sentiment qui disparaît une fois les premières sorties effectuées.

Les Supertrac, massives au premier regard, ne font rapidement plus qu’un avec le pied, au point de s’oublier et de permettre d’exploiter tout leur potentiel en préservant les sensations. Taillées pour les moyennes distances, elles existent également en version ultra pour ceux qui souhaitent allonger leurs sorties.


Wildcross (Salomon) : l’adhérence absolue

© Salomon

On ne présente plus la Speedcross, modèle phare de la marque Salomon lorsqu’il s’agit de courir en terrain boueux. Cette gamme a fait des petits, avec notamment la sortie récente de la Wildcross, une chaussure qui, comme son nom l’indique, n’a pas peur de s’attaquer aux terrains les plus sauvages. Si vous avez prévu une sortie 100 % trail et que vous savez que les conditions seront glissantes tout au long du parcours, la Wildcross s’impose presque comme un incontournable tant son adhérence est impressionnante sur ce type de sol meuble et glissant. De quoi ne plus avoir peur d’aucune difficulté, même dans les descentes les plus coriaces.

Disponibles en version Gore-Tex, ces chaussures permettent aussi de passer à travers flaques ou zones humides en gardant les pieds au sec.

On soulignera aussi un confort renforcé avec plus d’espace pour l’avant du pied par rapport à d’autres modèles de la marque. Les crampons, bien dessinés et relativement rigides vu les caractéristiques de la chaussure, réduisent évidemment sa polyvalence alors que l’amorti, conçu pour des sols meubles, n’est clairement pas son point fort. En cas de sortie avec de longs passages sur sols durs, voire des portions bétonnées, la Wildcross - et son drop de 8 mm - se révélera donc logiquement peu confortable.